jeudi 10 novembre 2005

Maryam Jamal, une jeune fille discrète qui a tout d’une grande

Photo Florian Cella

Jean-Marc Rappaz dans 24heures fait le bilan de l'année de Maryam Jamal, l'athlète ex-requérante d'asile de Lausanne.

N’ayant pu obtenir le passeport suisse, Maryam Jamal court dé-sormais sous les couleurs du Bah-reïn. Mais elle a décidé de conti-nuer à s’entraîner à Lausanne sous la férule de Jacky Delapierre et de Jean-François Pahud. Avant d’attaquer une saison placée sous le signe de la revanche, l’entourage de la championne a fait le bilan de l’année et pré-senté les objectifs 2006.

Les habitués de la Pontaise con-naissent bien cette silhouette frêle. Et les aspirants à l’école de recrues ont dû l’admirer ou la haïr à plus d’une reprise. Quoi de plus terrible, lorsqu’on s’essouffle sur la piste lors des tests physiques imposés par l’ar-mée, que de se faire doubler avec une facilité quasi «arro-gante» par ce petit bout de femme qui aligne les tours de piste comme un métronome. La piste, c’est là que Maryam Jamal, ex Zenebech Tola, se sent le mieux. En conférence de presse, cette jeune fille de 21 ans, arrivée chez nous il y a trois ans et demi pour y demander l’asile, se fait petite dans son coin, laissant la parole à sa famille sportive d’adoption. Pour entendre sa voix après cinquante minutes de confé-rence, on lui demande genti-ment si elle a fait des progrès en français. «Ça va», répond-elle avant de passer le relais à ses proches, qui s’empressent d’af-firmer qu’elle a fait d’énormes progrès et qu’elle va suivre des cours tous les après-midi. «Elle est surtout timide», promet Jacky Delapierre, le big boss d’Athlétissima. A regarder Ma-ryam dans son survêt rouge, assise bien sagement sur sa chaise, on les croit sans autre.

Reine des chronos
Il reste donc à écouter Jacky Delapierre, qui gère tout l’ad-ministratif pour la championne, et Jean-François Pahud, respon-sable de l’aspect sportif. Deux hommes qui investissent dans la championne originaire d’Ethio-pie, pour qui la Berne Fédérale n’a pas voulu faire de déroga-tion, même dans la perspective d’une potentielle médaille olympique pour la Suisse. Tant mieux pour le Bahreïn. Et un coup de chapeau au passage pour ses deux mentors qui don-nent de leur temps bénévole-ment alors que les agents avides de pourcentage ne manquent pas. Le bilan sportif 2005? Il est conforme aux voeux de Jean­ François Pahud. Bien sûr, l’image dominante pour le grand public reste celle du 1500 mètres des Mondiaux d’Hel-sinki et du coup de Jarnac des Russes qui ont oeuvré en bande avec pour résultat une «déce-vante» 5e place de Maryam. «Je n’ai pas été très surpris. Aussi bien à l’échauffement avant sa demi-finale que lors de celui précédant la finale, j’ai senti qu’elle n’était pas très bien.» Globalement, le tableau de la saison est néanmoins impres-sionnant avec 22 courses rem-portées sur 26, une 18e perfor-mance mondiale sur 800 mètres, le meilleur temps de la saison sur 1500 mètres ainsi que sur 3000 mètres et le 19e chrono mondial lors du seul 5000 mè-tres qu’elle a couru. Tout sim-plement remarquable pour cette reine de la piste qui a élu domicile à Vers-chez-les-Blanc, dans un logement appartenant à la conseillère d’Etat radicale Jacqueline Maurer. Et qui peut légitimement nourrir de grands espoirs pour les JO de Pékin. Pas sûr que la Suisse y obtienne, elle, une médaille en athlétisme.

mercredi 9 novembre 2005

Images du réseau de Solidarité de la Suisse Orientale


Voici, rien que pour vos yeux une des superbes images qui proviennent de l'autre côté de la Suisse. En cliquant sur l'image elle apparait en grand format.
Les droits de ces photos appartiennent à l'Eglise réformée de St-Gall, à la même adresse vous trouverez une dizaine d'autres clichés, et les légendes des images. L'adresse du réseau de solidarité est la suivante www.solidaritaetsnetz.ch/

Und es sind Menschen auf der Flucht - Et ils sont en fuite - And They Are People on the run



Le réseau de solidarité de la Suisse Orientale www.solidaritaetsnetz.ch/ nous annonce la publication d'un livre comportant 12 récits de vie de NEM
Les textes sont (selon la langue dans laquelle l'histoire a été racontée) en allemand, anglais, français et portugais, donc c'est non seulement intéressant pour les Suisses Allemands, mais aussi pour les Romands.
Le vernissage aura lieu le 17. novembre à 20:00 dans une salle de la gare de st. Gall.
Voir également la page d'infos sur le site de l'Eglise réformée de St-Gall également cette page
Voir aussi les photos
Pour commander le livre
Flyer de promotion et de commande (en allemand)

Mort suspecte d'un requérant-dealer à Lausanne


Dans 24 Heures, Alain Walther nous raconte le contexte de la mort d'un requérant d'asile guinéen:
Intoxication comme annoncé par la police ou étouffement? Une enquête est ouverte sur les causes de la mort suspecte du jeune vendeur de cocaïne guinéen. L’autopsie a déjà donné la réponse. Elle sera bientôt sur le bureau du juge d’instruction cantonal.

C’est un petit coin d’Afrique, un bistrot sur les hauts de Lau-sanne. En vitrine, quelques ins-truments de musique. A l’intérieur, derrière la grande salle, un petit salon à palabres. Sur les canapés, trois femmes et sept hommes vivent le deuil de leur compagnon, M’Bouré Kouyaté. Patrick*, un cousin du défunt, dit être venu de Paris. Iris* n’aime pas les dealers, des vendeurs de mort, et le dit d’emblée. Et pour cause, elle est la mère d’un fils de 18 ans. Cette coiffeuse africaine est passée au chevet de M’Bouré Kouyaté alors qu’il était dans le coma au CHUV. Comme une trentaine de membres de la communauté africaine, Iris con-naissait le jeune homme, 21 ans, mais pas son activité lucrative. Dans le salon à palabres, où a commencé la veillée, les mêmes lancinantes questions reviennent: «Aurait-il pu être sauvé si l’ambulance était arrivée plus vite au CHUV? Le petit a-t-il été étouffé?» Aucune trace de violence sur le visage, le cou, le corps du disparu, selon des té-moins africains présents dans la chambre des soins intensifs.
Sur une vidéo prise en ca-chette, une infirmière du CHUV explique un dernier acte médical de son mieux. Autour d’elle, la «famille» africaine du trafiquant dans le coma. «Le cerveau est endommagé, c’est sans espoir. Nous allons débrancher la machine qui l’aide.» Une femme implore: «S’il vous plaît, laissez la machine encore.» Toutes les connaissances du défunt le disent et le répètent: «Jamais au CHUV les médecins ne nous ont parlé d’intoxication, de sachet de drogue ouvert dans son estomac. Le personnel nous a toujours parlé d’étouffement.»
Décès dû à un «sachet endommagé avalé par l’intéressé»?

Au lendemain de l’arrestation du trafiquant et de son complice par des «spécialistes des brigades des stupéfiants de la police de sûreté vaudoise et de la police judiciaire municipale», leur porte-parole, Jean­ Christophe Sauterel et Chris-tian Séchaud, avaient alors confirmé ( 24 heures du 27 octobre) par téléphone: le malaise qui frappait le Guinéen, porteur de plusieurs doses de cocaïne, était dû à un «sachet endommagé avalé par l’intéressé». Alors, intoxication? Au CHUV, Fabien Dunand, chargé de communication, se retranche derrière un double mur du silence: le secret professionnel et celui de l’enquête. Selon la Fareas, M’Bouré Kouyaté est arrivé en Suisse en 2003 et il était — aux yeux des autorités vaudoises — sans famille. D’ailleurs, la Fareas le considère comme disparu car il n’avait donné depuis septembre ni adresse, ni signe de vie au centre d’hébergement pour requérants de Sainte-Croix.

Rapatriement aujourd’hui

Lundi, un imam et deux membres de la communauté islamique de Lausanne sont ve-nus faire la toilette du mort au centre funéraire de Montoie. Le religieux était déjà au CHUV pour veiller l’agonisant quand a été débranchée la machine à respirer. Le cousin de Paris porte sur son t-shirt le portrait de M’Bouré Kouyaté. Il a filmé une dernière fois le visage du jeune homme dans son linceul blanc. Puis le cercueil a été scellé. Entre Genève, Lausanne et Zurich, la communauté africaine s’est cotisée. Les frais du rapatriement de la dépouille du dealer, estimés à 12 000 francs, ont ainsi été payés cash. Le corps et deux accompagnants décollent aujourd’hui mercredi de Genève pour Conakry. Le juge d’instruction cantonal, Jacques Antenen, a repris le dossier. Parce qu’il était apparemment sans proches, il tient à coeur au magistrat que toute la lumière soit faite sur le décès du requérant d’asile. Comportement des policiers sur place, arrivée et trajet de l’ambulance, le magistrat veut que le dossier soit suivi avec le plus grand soin. Intoxication ou étouffement? L’autopsie pratiquée sur la dépouille du Gui-néen a déjà donné la réponse. Elle sera bientôt sur le bureau du juge Antenen.

L'Hebdo en remet une couche sur Bex

Pour un bon exemple de journalisme de rumeurs et de micro-trottoir, l'Hebdo se distingue dans l'article de Sabine Pirolt paru la semaine dernière .
Le service de presse de l'UDC n'aurait pas fait beaucoup mieux, ainsi le garagiste irrascible et à la base des incidents du printemps se trouve qualifié de la manière suivante: A la mi-mai, un conseiller communal radical, à bout de nerfs, n’en pouvant plus d’observer la ronde du trafic sous ses fenêtres, avait en effet tagué «Nègres go home. Nègres dehors. Stop Fareas. Non à la drogue»

Un cadeau de Noël = Un jour à ne pas manquer


Couverture du livre (cliquez sur l'image pour la voir en grand format)

Noël est pour certains un beau rêve, pour d'autres une insulte aux victimes des injustices et des luttes de pouvoir. A l'heure des déséquilibres écologiques ou politiques et des pillages économiques, n'est-il pas devenu indécent d'évoquer une naissance miraculeuse et une paix possible ? Et si l'histoire de Noël était née au milieu d'injustices et de violences aussi décourageantes que celles que nous connaissons ? Et si elle avait été écrite pour résister au désespoir ? Le siège de Sarajevo, la chute de Srebrenica, le génocide rwandais ont inspiré quelques-uns de ces contes. Ils cherchent les mots pour oser dire le malheur, mais aussi pour guetter l'espoir. L'humour, l'inattendu, la révolte y surgissent et permettent de contourner le fatalisme et la résignation.

Ces contes ont été écrits par Hélène Küng, engagée depuis plusieurs années dans les milieux de défense de l'asile. Travaillant aujourd'hui à l'aumônerie ocuménique dans un centre d'enregistrement de requérants d'asile, elle collabore également au Service d'Aide Juridique aux Exilé-e-s (SAJE), à Lausanne et Vallorbe.
Pour aider au financement de ce service indispensable pour l'accompagnement juridique des requérants d'asile, les bénéfices et les droits d'auteur de chaque exemplaire commandé au moyen du talon ci-dessous seront reversés au SAJE.
Pour acquérir ou offrir ce livre à ne pas manquer et permettre ainsi au SAJE de poursuivre son travail, commandez dès maintenant cet ouvrage au prix spécial de 21 Frs, au lieu de 25 Frs, par e-mail contact@laboretfides.com ou en renvoyant le talon ci-dessous, d'ici à fin novembre 2005 :
Bon de commande à renvoyer à : SAJE, c/o Labor et Fides,

1, rue Beauregard, 1204 GENEVE
Nom_________________________________ Prénom___________________

Adresse________________________________________________________

NPA____________ Localité________________________________________

Date ____________ Signature_______________________________________

Etats généraux de la migration et de l'asile



Sur cette journée lisez la page spéciale de la coordination asile
Ou allez directement sur le site internet de sans-nous

mardi 8 novembre 2005

Mariages binationaux, la Suisse de plus en plus méfiante


Aunjourd'hui, rien dans les médias sur l'Asile, mais Magalie Goumaz dans La Liberté et le Courrier nous propose un excellent article de fond sur un autre aspect du durcissement Suisse dans le domaine des migrations. La méfiance toujours plus grande des autorités face aux mariages entre helvètes et citoyens non-européens.
Voici le début de l'article:
Les mariages binationaux ne sont plus en odeur de sainteté en Suisse. Bientôt, un changement de loi permettra aux officiers d'état civil de les refuser s'ils estiment qu'il s'agit d'une union de complaisance pour décrocher un sésame helvétique. Sont concernés: les partenaires non européens. Pour résumer la situation, un jeune Guinéen de 25 ans, sans travail et sans formation, au bénéfice d'un simple visa de séjour en Suisse, n'a pas intérêt à tomber amoureux d'une infirmière helvétique proche de la quarantaine. Pareil pour le quinqua qui tomberait amoureux de sa jeune masseuse brésilienne lors de ses vacances.
A écouter les officiers d'état civil, il y a péril en la demeure helvétique et la pression migratoire s'exerce aussi sur cette institution qu'est le mariage. Il y a des abus, ce que même les défenseurs du droit d'asile admettent. Sur les près de 10 000 mariages binationaux annuels, soit un tiers des mariages, entre 20 et 30% seraient abusifs, selon certaines estimations.

Union et naturalisation
Jean-Pierre Coussa, chef du Service de l'état civil et des naturalisations dans le canton de Fribourg, raconte ce qu'il voit régulièrement: «En situation précaire ou au bénéfice d'un permis de séjour qui arrive à son terme par exemple, une personne étrangère sort un projet de mariage qui va par la force des choses résoudre son problème. Le mariage dure cinq ans, délai pour obtenir la naturalisation. Divorcé, le conjoint d'origine étrangère se remarie avec une personne de son pays qu'elle fait venir en Suisse grâce au regroupement familial. A Fribourg, on a des cas comme ça chaque semaine.» Jean-Pierre Coussa se demande ainsi s'il est tolérable que l'institution du mariage serve de gadget administratif.

Lire la suite

lundi 7 novembre 2005

Le centre de requérants de Buchs en feu

Une femme a été légèrement intoxiquée lors d'un incendie qui a éclaté dans un centre de requérants d'asile à Buchs (AG) dimanche. Les dégâts sont estimés à 100 000 francs. La police a ouvert une enquête pour déterminer les origines du sinistre.

Un sofa a pris feu en matinée dans le salon du centre. Les pompiers ont rapidement pu maîtriser l'incendie, a précisé la police cantonale argovienne dans un communiqué. Incommodée, la femme a été transportée à l'hôpital pour recevoir des soins en ambulatoire.
Lire la dépêche de l'ATS

La nuit du conte par les requérants Bellerins

Le 11 novembre, la nuit du conte fera dialoguer les cultures. En Suisse romande, plus de 60 bibliothèques, crèches et autres lieux de rencontre s'y associeront. A Bex (VD), des requérants d'asile diront des contes de leur pays d'origine.


Pour la première fois, un centre de requérants d'asile de la FAREAS ouvrira ses portes à cette manifestation. Accompagnés de musiciens, trois requérants d'asile originaires du Congo, d'Algérie et d'Afghanistan raconteront des histoires de leur pays.

Le groupe bellerin d'appui aux réfugiés offrira au public une collation accompagnée de pain maison préparé par les requérants d'asile du centre. L'humoriste Laurent Flutsch et un groupe de femmes migrantes donneront des spectacles gratuits.
Lire la dépêche de l'ATS