samedi 27 août 2005

La tension croît de jour en jour



24heures fait le point de la situation très difficile dans le refuge de Chailly.

La Coordination Asile annonçait une riposte proportionnée si le renvoi d’une famille s’était confirmé hier, alors que la motion de Serge Melly qui demande de renoncer aux mesures de contrainte n’a pas été traitée par le Conseil d’Etat. Mais la famille a obtenu un nouveau sursis. Jeudi soir, le plan de vol a été suspendu par une décision de la Commission fédérale de recours en matière d’asile, sensible à l’état de santé du père de famille, diabétique. Reste la pression que met l’Etat sur les familles déboutées. Hier, la Coordination a révélé qu’un nouveau père de famille est détenu à Frambois, dans l’attente de l’expulsion des siens, dont un enfant est handicapé. Du coup, les fronts sont plus durs que jamais. Députée socialiste, Michèle Gay Vallotton dit son exaspération devant ce qu’elle dénonce comme étant de l’obstination du canton à vider la motion Melly de sa substance. Au nom de plusieurs députés qui soutiennent sa position, elle appelle les trois magistrats du centre-droite (Jacqueline Maurer, Pascal Broulis et Charles-Louis Rochat) à prendre leurs distances avec Jean-Claude Mermoud. Il est vrai que la crise ne cesse de pourrir. Le Parlement sera sans doute à nouveau le théâtre de fortes tensions la semaine prochaine entre deux camps désormais irréconciliables. Et la vie au refuge de l’église Saint-Nicolas de Flue à Lausanne devient réellement invivable pour ceux qui ne veulent pas partir et attendent leur expulsion avec une inquiétude croissante. Dix-huit personnes s’y trouvent dont 10 enfants, qui tentent de surmonter tant bien que mal leur angoisse.

Les villes et les cantons critiquent la politique de la confédération en matière d'asile

Elmar Lederberger, le maire de Zurich durant la conférence de presse.
Les villes et communes critiquent la politique de la Confédération en matière d'asile. Elles ont revendiqué que Berne paie toute l'aide d'urgence pour les NEM. Le maire de Zurich exige une immigration contrôlée en provenance des pays non-européens.
La dépêche de l'ATS confirme que Christof Blocher est bien seul à être très satisfait de la politique Suisse en matière d'asile: lire la dépêche
Lire de préférence le dossier de Swissinfo qui est plus complet

vendredi 26 août 2005

Un requérant malade est censé prendre un vol de ligne

Requérant débouté issu du groupe des «523», en détention depuis le 17 août, le Kosovar Vesel Mezreku doit prendre ce matin un vol régulier pour Pristina. A moins qu’il ne refuse de monter dans l’avion…

Voici l'article de 24heures.

A suivre ces jours le sort réservé à Vesel Mezreku, on réalise si besoin était toute la complexité de l’application des mesures de contrainte à l’encontre des requérants déboutés.
L’homme a 55 ans. Dans un communiqué, le Parti socialiste vaudois a livré hier sa biographie. Il est marié et père de deux enfants: une fille qui vient d’accoucher et bénéficie d’un permis B ,et un adolescent en passe de commencer un apprentissage. Il est entré en Suisse en 1999. Enseignant de métier, il a travaillé ici dans l’hôtellerie. Habitant Morges, il s’est intégré dans le club d’échecs local.
Premier problème, Vesel Mezreku est malade: diabète, haute tension artérielle, état dépressif à tendance suicidaire. Second problème, il est dans le groupe des «523». Détenu depuis plus d’une semaine, il doit prendre ce matin même un vol de ligne à Genève pour le Kosovo. Mais selon son état d’esprit sur le moment, l’homme peut tout à fait refuser avec bruit, voire violemment, de monter dans l’avion. Dans ce cas, la pratique montre que par égard pour les autres passagers, la personne est renvoyée en détention dans l’attente d’un vol spécialement affrété pour un ou plusieurs récalcitrants de ce genre. Quant à la mère et au fils, réfugiés à la paroisse de Chailly-Lausanne, on doit leur proposer une dernière fois ce matin d’accompagner Vesel Mezreku dans le vol de ligne.
Le premier départ effectif sous contrainte après le vote de la motion Melly au Grand Conseil contre les renvois forcés n’est donc peut-être pas pour aujourd’hui. Par ailleurs, deux autres personnes sont toujours en détention. Et un troisième père de famille, kosovar également, les a rejointes hier matin.

Le destin de Lorik Cana

Arrivé en Suisse comme requérant d'asile, le milieu de terrain d'origine albanaise Lorik Cana est la nouvelle recrue de l'Olympique de Marseille.

jeudi 25 août 2005

Isabelle Vauthey, 37 ans, ange gardien des enfants de migrants



Lire dans les pages locales de La Liberté la présentation de cette enseignante engagée pour soutenir l'intégration scolaire des enfants de la migration (et en particulier de l'asile)à Courtepin.

Pour les «523», rendez-vous mardi

24heures a attendu 24heures pour rendre compte de la situation parlementaire sur la crise de l'asile; voici l'article:
Il faudra attendre mardi pour le prochain épisode parlementaire de la crise des «523» requérants d’asile déboutés. Avant-hier au Grand Conseil, le seul signe tangible de la tension persistante dans ce dossier était l’habituelle manifestation, devant le Palais de Rumine, des Ethiopiens et des Erythréens frappés d’une interdiction de travailler. Pourtant, on savait certains députés de gauche décidés à intervenir suite aux arrestations successives ces dernières semaines de quatre pères de famille menacés de renvoi, dont un a été libéré entre-temps (24 heures de mardi). En fait, deux élus ont activé la procédure la plus rapide à disposition, déposant avant-hier chacun une question orale à l’Exécutif. Celui-ci devra y répondre mardi prochain. «Nous utilisons toutes les armes à disposition», souffle Josiane Aubert. La présidente des socialistes vaudois active ainsi l’outil juridique. Le conseiller d’Etat Jean-Claude Mermoud est en train de préparer le projet de loi ou de décret répondant à la motion Melly pour le renoncement aux renvois forcés. Or, dans le même temps, des mesures de contrainte sont en cours contre des requérants. Josiane Aubert accuse donc le ministre de «vider la motion de sa substance avant d’y répondre. Le gouvernement se met dans l’illégalité». Mardi, Jean-Claude Mermoud devra notamment dire dans quel délai il compte présenter le projet. L’écologiste Philippe Martinet intervient sur l’offre d’aide au retour faite aux «523» pour leur éviter les mesures de contrainte. Il se demande si les promesses de soutien sur place faites aux intéressés sont tenues. En particulier en matière de suivi des traitements médicaux, possibilités d’intégration professionnelle, contacts dans le pays, «garantie de ne pas devoir cohabiter avec les auteurs de violences à l’origine de leur demande d’asile».

Requérant en danger de mort


Alain Pécoud, directeur de la Policlinique médicale universitaire de Lausanne. Photo © Laurent de Senarclens

Le Matin fait la une de son portail internet sur cette expulsion d'un requérant contre l'avis du corp médical.
Lire l'article complet de Joelle Isler
LIre le certificat médical de ce requérant

Extraits:
Diabète et hypertension artérielle. Voilà deux des maux chroniques dont souffre Akim*, requérant d'asile en Suisse depuis six ans. Mercredi dernier, alors qu'il sortait du Service vaudois de la population avec une autorisation de séjour valide jusqu'à la fin du mois, ce Kosovar de 55 ans s'est fait arrêter manu militari sur le trottoir et placer en détention à Frambois (GE) puis à Bâle, en vue de son expulsion demain. Rapatrié dans son lieu d'origine, Akim ne pourra bénéficier d'un encadrement médical suffisant. Ce sont des situations comme la sienne, loin d'être isolée, qui ont poussé cet été 200 médecins vaudois à signer un appel contre les renvois forcés.
Voir la séquence du TJ midi consacrée à cette affaire en haute qualité

mercredi 24 août 2005

Renvoi des Ethiopiens, accord de réadmission ?


Le Gouvernement éthiopien accordera désormais des laissez-passer qui permettront le retour dans leur pays des requérants d'asile éthiopiens déboutés et donc devenus indésirables sur territoire helvétique.

C'est un revirement complet de sa politique et c'est le résultat concret de négociations entre Berne et Addis Abeba, menées dans la plus grande discrétion.

Selon le résultat d'une enquête de Laurent Bonnard (journaliste à La Première), une douzaine d'Ethiopiens vont recevoir les documents de voyage que l'Ethiopie leur refusait jusqu'à maintenant.
Lire le dossier de La Première
Ecoutez la séquence du Journal de demain sur La Première

Denis Barrelet soutient la politique de Blocher

Conformément à ses positions passées, Denis Barrelet dans 24heures est l'un des commentateurs les plus élogieux à l'égard de la politique d'asile pratiquée par Blocher. Dans son commentaire, il profite de critiquer le mouvement de la société civile vaudoise et la majorité des députés du Grand Conseil ...
Lire son commentaire:

Ce qui empoisonne le dossier de l’asile depuis que la Suisse s’est donné une loi en la matière, c’est le refus de larges milieux d’admettre qu’il puisse y avoir, parmi les personnes qui frappent à notre porte, des comportements abusifs. Ces milieux considèrent la situation économique des requérants en question très peu enviable le plus souvent, et ils n’écoutent plus que leur cœur. Peu leur chaut qu’il y ait une loi définissant clairement que seuls auront droit à l’asile les personnes persécutées dans leur pays et menacées dans leur corps. Cette loi, ils lui font des pieds de nez. Ils se réjouissent si, en détruisant leurs papiers, les requérants créent d’immenses problèmes lorsqu’il s’agit d’exécuter les décisions prises. Ils feront tout, tireront toutes les ficelles pour que le séjour en Suisse se prolonge, espérant créer un fait accompli. L’exception vaudoise, c’est cela, pour l’essentiel, avec l’actif concours d’un ancien conseiller d’Etat. D’aucuns s’en enorgueillissent.
A chaque renforcement de la loi sur l’asile, depuis vingt ans, ces milieux culpabilisent le législateur en annonçant la fin de la tradition humanitaire de la Suisse. Il n’en est rien, bien sûr. Cette fois à nouveau, on doit constater que les renforcements introduits en avril 2004 ont eu des effets positifs. Les demandes manifestement non fondées — elles seules font l’objet de décisions de non-entrée en matière — sont moins nombreuses, et les départs plus rapides.
Il s’agit de continuer dans cette voie, de manière à la fois déterminée et réfléchie, pour que les requérants déboutés au terme d’une procédure ordinaire soient eux aussi incités à partir vite et que soient supprimées les primes accordées aujourd’hui aux plus malins et aux plus récalcitrants. Une loi est là pour être respectée. Ou alors qu’on la modifie. Qu’on dise que la Suisse veut accueillir tous les malheureux de la terre.

Réactions de Jurg Schertenleib

Le Courrier et La Liberté donnent la parole un responsable de l'OSAR pour commenter la conférence de presse de Christof Blocher.

M. Blocher tire un bilan très positif un an après le durcissement des mesures à l'égard des requérants frappés d'une décision de non-entrée en matière. Qu'en pensez vous?
Il fait un bilan qui lui est trop favorable. Il ne tient pas compte d'un grand nombre de problèmes, en particulier des difficultés qu'il y a dans certains cantons d'obtenir l'aide d'urgence. La dimension personnelle et humaine de certaines situations entraînées par cette politique est totalement passée sous silence.

Le chef du DFJP se réjouit tout de même d'une baisse massive des demandes d'asile...
Il faut se demander si c'est bien cette politique qui est à l'origine de cette baisse. On constate que les demandes ont diminué dans l'ensemble de l'Europe. La situation s'est de plus considérablement améliorée en Bosnie et au Kosovo, les deux régions de crise qui concernent particulièrement la Suisse.

Lorsqu'on avait discuté la suppression de l'aide sociale, les défenseurs des requérants ont prédit une criminalisation galopante. Apparemment la progression des infractions se révèle moins dramatique que prévu.
Heureusement que c'est moins grave que prévu. Mais cela reste un fait que beaucoup de requérant déboutés disparaissent dans la clandestinité: personne ne peut dire ce qu'ils font. A mon avis, il est encore trop tôt pour être certain que l'effet de ce phénomène sur les statistiques criminelles restera marginal.