vendredi, juin 26, 2009

Premier succès des conventions d'intégration

Polémique en Suède autour des expulsions d'étrangers

Lu dans le Monde, intéressant pour les amateurs de Millenium et de Fahad Khamas
LE MONDE | 25.06.09 | 15h26 • Mis à jour le 25.06.09 | 15h26
STOCKHOLM CORRESPONDANCE

a police suédoise accuse des agents de l'Agence suédoise des migrations d'être des extrémistes de gauche infiltrés. Selon les policiers des services de renseignements (SÄPO), ces "infiltrés", liés à des groupes d'extrême gauche comme AFA (Action antifasciste) ou Revolutionära Fronten ("front révolutionnaire"), s'arrangeraient pour compliquer voire s'opposer au travail des policiers qui procèdent à des expulsions et, dans certains cas, aideraient des demandeurs d'asile à fuir.

Ce serait notamment le cas dans le centre de rétention pour demandeurs d'asile de Kallered, dans la région de Göteborg, dernière étape avant l'expulsion. Dans un cas, les employés de l'Agence ont d'abord refusé d'ouvrir à une quinzaine de policiers qui venaient chercher des demandeurs d'asile. Les policiers ont dû menacer d'enfoncer les portes pour que la situation s'apaise.

AUCUNE PREUVE

Les accusations de la police ont provoqué une forte polémique entre les deux administrations, car l'Agence des migrations a pris la défense de ses employés. "Nous n'avons reçu aucune preuve, explique sa porte-parole, Louise Utter. Il est vrai que nous avons des employés politiquement actifs, mais ce n'est pas interdit." Plus d'une trentaine de demandeurs d'asile sont actuellement en attente d'être expulsés à Kallered, l'un des cinq centres de Suède. La plupart viennent d'Irak. "Il y a parfois des gens qui s'échappent, mais aucune preuve que quelqu'un les aide à fuir, poursuit Louise Utter. Un centre de rétention n'est pas une prison et ces demandeurs d'asile expulsables ne sont pas des criminels." Directeur du centre incriminé, Raoul Fogelberg est outré des déclarations de la police. "Certains policiers peuvent peut-être ressentir une certaine frustration quand des demandeurs d'asile s'échappent ou quand ils estiment avoir du mal à faire leur travail, mais, nous, nous ne travaillons pas comme la police. Certains de ces réfugiés sont restés longtemps chez nous et quand il s'agit en plus de groupes importants, comme c'est le cas des Irakiens en ce moment, cela crée plus de tension."

Depuis environ deux ans, la Suède expulse de nombreux Irakiens après en avoir accueilli beaucoup. Il y a eu récemment plusieurs manifestations devant le centre de Kallered pour protester contre ces expulsions. La police tente de minimiser l'affaire. "L'enquête préliminaire de la police vis-à-vis des employés de l'Agence des migrations est classée pour l'instant", souligne Klas Friberg, directeur adjoint de la police dans la région du Västergötland.

Le groupe AFA, qui est dans le collimateur de la SÄPO depuis sa création en 1993, a, ces dernières années, commis plusieurs attaques matérielles contre des locaux de l'Agence des migrations pour protester contre des décisions d'expulsion. Mais outre l'AFA, connue pour employer parfois des méthodes violentes, des réseaux s'organisent de plus en plus partout en Suède pour s'opposer à la politique du gouvernement suédois qui procède à davantage d'expulsions ces derniers mois.


Olivier Truc
Article paru dans l'édition du 26.06.09

jeudi, juin 25, 2009

Les sans-papiers expulsés campent sur le trottoir

«Maintenant, ce sera les CRS ou les papiers»

Evacués de force mercredi de la Bourse du travail à Paris par la CGT qui voulait récupérer ses locaux, 200 travailleurs en situation irrégulière campent sur le trottoir.

CORDÉLIA BONAL

Jeudi devant la Bourse du travail, dans le IIIe arrondissement à Paris.

Jeudi devant la Bourse du travail, dans le IIIe arrondissement à Paris. (CB)

Un semblant de calme est revenu autour de la Bourse du travail ce jeudi à Paris, après la violente évacuation la veille des occupants par le service d'ordre de la CGT. Les sans-papiers délogés, au nombre de 200 environ, ont passé la nuit sur le bout de trottoir où ils ont échoué avec matelas et couvertures, et ne comptent pas en bouger pour le moment.

Ce matin, personne n'est parti travailler, tous s'en tiennent au mot d'ordre: ne pas bouger tant que les demandes de régularisations déposées par le collectif (750 dossiers déposés à ce jour à la préfecture, 1200 au ministère) n'avanceront pas. En attendant, on s'organise, sous l'œil de quelques policiers. Des chaises, réchauds, radios ont rejoints le fatras de sacs et matelas. Voisins et associations passent discuter, dire leur colère, distribuer pain et bouteilles d'eau. Sur le trottoir d'en face, quelques cafetiers ouvrent l'accès à leurs toilettes.

Travailleurs isolés en situation irrégulière, originaires d'Afrique pour la grande majorité, les occupants avaient investi il y a 14 mois la Bourse du travail, bâtiment appartenant à la ville de Paris mais géré par plusieurs syndicats, dont la CGT. L'occupation avait été décidée après le refus par la préfecture de police de Paris de recevoir 1.000 dossiers que le collectif, la CSP 75 (coordination de sans-papiers) voulait voir traiter, la préfecture renvoyant vers la CGT.

«Bandits»

«On est en France depuis des années, on travaille, on cotise, nos grands-parents se sont battus pour la France», énumère Keita, intérimaire dans le bâtiment grâce à de faux papiers, comme beaucoup ici. «Alors on ne bougera pas de ce trottoir. Maintenant, ce sera les CRS ou les papiers.»

Depuis hier, les deux accès au bâtiment sont bloqués: grilles baissées côté boulevard, porte close côté rue, qui s'ouvre de temps à autre pour laisser passer une poignée de responsables syndicaux venus reprendre possession des locaux. Entre le collectif de sans-papiers et les membres de la CGT, on évite soigneusement tout contact.

«La CGT ? C'est des bandits!», s'insurge Keita. Même colère chez Anzoumane Sissoko, délégué du collectif, la CSP 75: «Nous ne voulons plus avoir affaire à eux. Après ce qu'ils nous ont fait hier, venir comme ça nous taper et nous asperger de gaz lacrymogène, ça suffit comme ça.» Au lendemain de l'évacuation, Sissoko compte les absents: «six blessés» et «quatre interpellés». Chiffres qui n'ont pas été confirmés ce jeudi par la préfecture.

«Violence injustifiable»

Après l'épisode violent de la veille, associations et partis ont condamné, plus ou moins fermement, la décision de la CGT, syndicat qui se pose par ailleurs régulièrement en intermédiaire pour le dépôt de dossiers de régularisations de travailleurs. Pour France Terre d'asile, «la CGT, avec cette intervention, qu’elle l’ait souhaité ou non, indique clairement qu’elle change de logiciel en se recentrant sur sa "clientèle" habituelle. Nous devons veiller collectivement (...) à ne pas laisser la division et le rejet de l’autre se propager».

Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) «dénonce la brutalité de la CGT et demande au gouvernement des actions concrètes pour faciliter une sortie de crise de manière plus humaine», tandis que les Verts s'élèvent contre une «violence injustifiable».

Droit au logement, qui s'était «désolidarisé de l'occupation de la Bourse par les sans papiers motivée par des considérations peu crédibles», dénonce néanmoins la méthode, «expéditive».

Pour un an de prison ce sera l'exil

Malte en appelle à l'ONU

L’illusion sécuritaire

Pour les nationalistes, les lois sur l’asile et sur les étrangers ne seront jamais assez sévères ni assez punitives

Pour les nationalistes, les lois sur l’asile et sur les étrangers ne seront jamais assez sévères ni assez punitives. Depuis vingt ans, l’UDC prend rituellement pour cible les requérants d’asile et, plus largement, les étrangers. Ce pilonnage a lourdement conditionné la politique suisse. Certes, aucune des initiatives lancées par l’UDC n’a trouvé de majorité populaire. En revanche, la pression ainsi exercée a contaminé le gouvernement et le parlement, qui ont donné plusieurs tours de vis aux lois existantes. Ce durcissement constant des conditions d’accueil et des procédures finit par paraître raisonnable par contraste avec les projets extrêmes de l’UDC. Il rassure une opinion publique méfiante et sensible aux abus réels ou supposés commis par une minorité des étrangers.

Pourtant, sur le terrain de l’immigration non désirée, peu de choses ont changé. Les tours de vis successifs sont vécus par les administrations comme l’expression d’une impuissance à maîtriser un problème complexe qui ne se résume pas à l’enjeu des abus.

Il n’en ira pas différemment avec les nouveaux projets visant le renvoi des «étrangers criminels». Quelques faits divers choquants ont amené l’UDC à sortir l’artillerie lourde, bien que l’expulsion des étrangers délinquants soit déjà possible et pratiquée. Il est juste que la règle du renvoi s’applique très diversement sur le territoire helvétique, fédéralisme oblige. Le gouvernement s’engouffre dans la brèche. Il propose un tour de vis et demi là où l’UDC en réclame deux. Son contre-projet reprend largement les mesures préconisées par l’UDC, tout en veillant à dresser deux ou trois garde-fous. Scénario classique.

Les étrangers sont avertis: le respect de l’Etat de droit est une condition pour vivre en Suisse; aucun écart grave ne sera pardonné. Bien, mais quid du service après-vente? La majorité des renvois souhaités seront impraticables, comme c’est déjà le cas aujourd’hui. On s’agite beaucoup pour faire croire que le pays deviendra plus sûr, mais la réalité se chargera de calmer les esprits.

Le tour de vis du Conseil fédéral


(DR)

(DR)

La presse helvétique commente la réponse du gouvernement à l’initiative de l’UDC sur le renvoi des délinquants étrangers

Pour le gouvernement, les étrangers qui commettent un délit grave passible d’une peine d’un an de prison au moins doivent être renvoyés. «Le Conseil fédéral a en effet décidé de durcir le ton», explique 24 Heures. «On se rappelle qu’une initiative des démocrates du centre demandant leur expulsion automatique avait recueilli 210’000 signatures. Le gouvernement avait alors proposé un contre-projet prévoyant le renvoi des étrangers condamnés à plus de deux ans de prison. La procédure de consultation a [donc] révélé une véritable volonté de serrer la vis.»

Ce que le quotidien vaudois interprète ainsi: «La pression de l’UDC a marché. Du moins pour l’instant.» Et de constater que «le message est très clair: le gouvernement agit» et «essaie de couper l’herbe sous les pieds de l’UDC». Mais sur le terrain? «Les exécutions de renvois s’avèrent […] très compliquées et les cantons, chargés de cette mission, en savent quelque chose.» 24 Heures énumère les obstacles dans son éditorial: la nécessité de connaître la nationalité, le comportement du pays d’origine, les accords de réadmission, le prix des vols spéciaux de rapatriement, pour en conclure qu’«au final, le gouvernement peut bien hausser le ton. Dans de nombreux cas, sa voix ne portera pas bien loin.»

Pourtant, «cela ne suffit pas au parti agrarien», écrit Le Nouvelliste. Même si, «conscient de l’écho que suscite cette discussion au sein de l’opinion publique, [le Conseil fédéral] a […] durci son projet initial». Si Eveline Widmer-Schlumpf dit que la solution «est un catalogue de fait, puisque toutes les infractions entraînant plus d’un an de prison figurent dans le Code pénal, les autorités conserveront cependant une marge d’appréciation», relève le quotidien valaisan. Et c’est précisément là que le bât blesse: pour l’UDC, ce contre-projet est «un exercice alibi qui ne changera guère la pratique actuelle».

Le Conseil fédéral veut «dribbler l’UDC», titre pour sa part Le Courrier. Le quotidien de gauche genevois résume: «Pour un an de prison, ce sera l’exil». Samedi dernier, il écrivait déjà, en élargissant le propos au droit d’asile et à la vision que la Confédération a de la problématique des étrangers en Suisse, qu’en janvier 2009, «un an jour pour jour après l’entrée en vigueur du énième durcissement de la loi sur l’asile, la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf communiquait son intention de donner un tour de vis supplémentaire. L’objectif était clairement énoncé: il s’agit de «diminuer l’attractivité» du pays, point final. Cette révision en préparation n’aura bien entendu aucune incidence sur les flux migratoires en direction de notre pays. Ses effets devraient en revanche pénaliser des catégories de réfugiés qui auraient le plus besoin d’une protection, selon les spécialistes. Comme les réformes précédentes, elle ne fera donc que grossir les rangs des recalés de l’asile, ces laissés-pour-compte contraints de survivre avec, au mieux, quelques francs par jour dans l’un des Etats les plus opulents de la planète.»

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La CGT expulse les sans-papiers!

24/06/2009 à 17h27 (mise à jour à 18h31)

«Ils sont rentrés et ont balancé les lacrymo»

http://www.liberation.fr/societe/06011055-descente-cgt-sans-papiers

REPORTAGE + VIDÉO

La CGT évacue des sans-papiers par la force
http://www.dailymotion.com/video/x9ob88_la-cgt-evacue-des-sanspapiers-par-l_news

Un commando de gros-bras a délogé ce mercredi les travailleurs sans-papiers de la Bourse du travail, à Paris, à coups de gaz lacrymo. Des CRS ? Non, la CGT.

Matelas sous le bras, sacs et couvertures à la main, ils sont sortis un à un, sous le regard des CRS. Sur le trottoir, bordé par des dizaines de fourgons de police et de cars de CRS, des femmes pleurent, en état de choc.

Après 14 mois passés à vivre jour et nuit dans les locaux de la Bourse du travail à Paris, les occupants de ce grand bâtiment situé à deux pas de la place de la République se sont retrouvés à la rue ce midi, évacués de force.

Africains en situation irrégulière, ils étaient autour de 400 à 500 à y vivre en permanence et près de 1200 à y venir par intermittence. Qui a mené l'évacuation ? La situation était d'abord confuse, cet après-midi. Tandis que nombre de témoins accusaient la police, les sans-papiers évacués désignaient la CGT, qui aurait envoyé son service d'ordre faire le sale boulot.

Scénario que le syndicat a fini par reconnaître quelques heures plus tard: «Après avoir essayé en vain de négocier pendant des mois, nous avons décidé de mettre un terme à une occupation qui était devenue un squatt (...) et ce sans faire appel aux forces de l'ordre», justifie Patrick Picard, secrétaire général de l’Union départementale de Paris.

Pourquoi un syndicat qui monte régulièrement au créneau sur la question des travailleurs sans-papiers a-t-il délogé... des travailleurs sans-papiers ? La CGT, qui dispose du bâtiment, en co-gestion avec la CFDT, FO, la CFE-CGC, l'Unsa et Solidaires, voulait d'abord récupérer son lieu de travail. Ensuite, le syndicat entretient depuis le début des relations tendues avec ces sans-papiers, pour la plupart travailleurs isolés, employés dans le nettoyage ou la sécurité, qui se sont rassemblés dans un collectif autonome, la CSP 75 (coordination des sans-papiers), sans jamais vouloir se rapprocher de la CGT pour les demandes de régularisation.

«Bonbonnes de lacrymo»

Après plusieurs semaines de menaces, la CGT a donc envoyé ce matin «quelques dizaines de militants», qui n'ont pas fait les choses à moitié. Les témoins — occupants, passants ou commerçants — décrivent tous la même scène, très brutale: vers 12h30, alors que le gros des occupants était, comme chaque mercredi, parti manifester place du Châtelet pour réclamer des régularisations, une trentaine de gros bras «au crâne rasé», brassard orange au bras, ont débarqué armés de «bâtons» et de «bonbonnes de lacrymo», le visage protégé par des masques et des «lunettes de piscine».

«Ils ont remonté la rue en rang, arrivés à la porte de la Bourse du travail ils ont crié "On y va! on y va!", ils sont rentrés dans le bâtiment et ont balancé les lacrymo», raconte Nicolas qui remontait la rue à ce moment là et a appelé la police, comme d'autres. Une jeune fille, Nadia, dit aussi avoir vu «une vraie milice. Leurs bâtons, c'étaient des planches». D'autres parlent de «commando», de «chaises qui volaient», montrent les vitres cassées.

Sous le choc, Konté, un occupant qui ce matin n'était pas parti à la manifestation, justement pour garder le bâtiment, raconte: «Ils savaient qu'on est peu nombreux le mercredi. On était dans la cour quand ils sont arrivés, ils nous ont lancé tellement de gaz qu'on a dû sortir, on n'a pas eu le choix.» La police est arrivée «dix minutes plus tard» mais sans rentrer dans le bâtiment, faute, explique-t-on, de réquisition du propriétaire, en l'occurrence la mairie de Paris. Les policiers seront rejoints par les CRS, tandis que les pompiers évacuent plusieurs blessés légers.

«Milice»

Sur le boulevard, les passant s'échauffent: «ratonnade», «nettoyage», «Sarkozy assassin»... Certains jurent reconnaître parmi les policiers en civil présents les mêmes qui ont forcé le bâtiment une demi-heure plus tôt. Deux jeunes filles affirment que des policiers en civil étaient déjà là quand la «milice» a débarqué et se parlaient entre eux avec leur talkie. Bientôt la rumeur court: ce serait la police qui aurait mené une opération coup de poing pour pouvoir ensuite faire évacuer le lieux.

Dans les rangs de la police, on ne nie pas avoir eu des hommes présents «comme chaque mercredi, pour encadrer la manifestation» mais on se défend d'avoir participé à l'évacuation, menée «par le service d'ordre de la CGT et uniquement par lui».

En fin d'après-midi, les sans-papiers achevaient d'amasser leurs affaires sur le trottoir, sans savoir où ils allaient passer la nuit. Impossible pour l'heure de réoccuper le bâtiment, toujours bloqué par la police.

CORDÉLIA BONAL (texte) et EMILIEN CANCET (images)

Le Conseil fédéral durcit son projet de loi sur les criminels étrangers

Le gouvernement entend renvoyer les criminels étrangers ayant commis des infractions passibles de 1 an de prison. Le contre-projet a été durci pour répondre à l’initiative populaire de l’UDC. Un article de Xavier Alonso dans 24 Heures.

Pour Eveline Widmer-Schlumpf, ministre de la Justice, le contre-projet du Conseil fédéral à l’initiative de l’UDC «pour le renvoi des criminels étrangers», respecte la Constitution et le droit international. © FLORIAN CELLA

«Notre projet respecte la proportionnalité, et donc la Constitution. Tout comme il respecte aussi le droit international.» Eveline Widmer-Schlumpf a dû répondre hier plusieurs fois à la même question: quelle différence existe-t-il entre son contre-projet et l’initiative populaire de l’UDC?

Les démocrates du centre exigent en effet que tous les délinquants étrangers soient automatiquement expulsés. Leur initiative a été rendue célèbre par la campagne qui mettait en scène des moutons noirs boutés hors du drapeau suisse par des moutons immaculés. L’UDC avait alors récolté 210 000 signatures, au lieu des 100 000 nécessaires.

Mais le gouvernement rejette le texte, arguant qu’il ne respecte pas la Constitution et le droit international en introduisant l’automatisme de la sanction.

Pression du Parti libéral-radical
Il propose donc un contre- projet. Dans une première mouture, présentée en janvier dernier, il prévoyait de renvoyer les étrangers ayant commis une infraction passible de 2 ans de prison. Hier, après la mise en consultation, il a, notamment sous la pression du Parti libéral-radical, durci le ton. La nouvelle version propose de révoquer les autorisations de séjour – en clair expulser – des délinquants étrangers en cas d’infraction pénale grave (viol, meurtre). Et cela, dès une peine de prison d’au moins 1 an. «Ce n’est pas plus sévère, note la ministre de Justice et police, mais plus clair.»

Différences entre cantons
Pas pour l’UDC. Le parti a d’emblée dénoncé un «pur exercice alibi, qui ne change guère la pratique actuelle». De leur côté, l’Office des migrations (ODM) et le Parti socialiste estiment que la loi actuelle est suffisante… lorsqu’elle est appliquée. Car, dans les faits, la marge d’appréciation des justices cantonales dessine des sanctions à géométrie variable d'une région à l’autre. Ainsi, par exemple, en 2008, le canton de Vaud a expulsé nonante délinquants étrangers alors que Genève seulement quinze. Le tour de vis du Conseil fédéral se situe donc d’abord dans cette «unification de la pratique des cantons», a expliqué la conseillère fédérale grisonne.

Expulsions impossibles sans accords de réadmission
«Ce contre-projet consacre la pratique vaudoise», a réaffirmé Philippe Leuba, le ministre de la Justice d’un canton de Vaud qui passe pour le bon élève en la matière. Le libéral rappelle également que les «expulsions ne sont exécutées qu'une fois la peine purgée».

Reste un problème qui ne trouve de réponse ni dans le texte de l’initiative UDC ni dans celui du Conseil fédéral: lorsqu’il n’y a pas d’accords de réadmission, la politique peut décréter des expulsions, mais elle ne peut les exécuter. En clair, on ne se débarrasse pas d’un criminel étranger si son pays d’origine ne veut pas le reprendre. C’est le cas pour de nombreux pays d’Afrique centrale. «L’impossibilité pratique d’expulser n’est pas une raison pour baisser les bras, et motiver le laxisme, conclut Philippe Leuba. Mais le Conseil fédéral doit redoubler ses efforts en ce sens.»

Les Roms victimes de racisme à Belfast

La violence continue contre les émigrés roumains en Irlande du Nord. L‘église dans laquelle certains d’entre eux avaient trouvé refuge suite à des attaques racistes à leur domicile a été la cible de jets de pierre qui ont endommagé les ouvertures de l‘édifice. Ces actions qui se sont amplifiées la semaine dernière sont jugées inquiétantes par le Vice-Premier Ministre nord-irlandais… Martin Mac Guiness se demande si les jeunes ne sont pas entrain d’imiter ce qui se passe en Angleterre ou le scrutin européen a vu une nette progression du parti nationaliste britannique considéré comme raciste.

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«Nous, Africains, devons prendre notre intégration en mains»

L’Association africaine du Chablais incite les migrants à jouer un rôle actif dans la société qui les accueille. Une approche qui se veut novatrice en Suisse, selon son président.

© Mathieu Rod  Tazuila Emery, président de l’Association africaine du Chablais. © Mathieu Rod | Tazuila Emery, président de l’Association africaine du Chablais.

«Ce nom bien valaisan, je ne sais pas comment mon père l’a eu !» Il était peut-être écrit que Tazuila Emery s’établirait en Suisse. Venu du Congo, il fut requérant d’asile. Vingt-huit ans plus tard, ce fidèle employé du site chimique de Monthey préside l’Association africaine du Chablais, forte de plus de 200 membres, baptisée Baobab. « Un arbre de légende dans toute l’Afrique, sous lequel se règlent beaucoup de problèmes de société. Un lieu d’échange et de paix. »

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«Nous, Africains, devons prendre notre intégration en mains»

«Nous, Africains, devons prendre notre intégration en mains»

Publié par 24 heures (http://www.24heures.ch)

ASILE | L’Association africaine du Chablais incite les migrants à jouer un rôle actif dans la société qui les accueille. Une approche qui se veut novatrice en Suisse, selon son président.

Patrick Monay | 24.06.2009 | 14:13

«Ce nom bien valaisan, je ne sais pas comment mon père l’a eu !» Il était peut-être écrit que Tazuila Emery s’établirait en Suisse. Venu du Congo, il fut requérant d’asile. Vingt-huit ans plus tard, ce fidèle employé du site chimique de Monthey préside l’Association africaine du Chablais, forte de plus de 200 membres, baptisée Baobab. « Un arbre de légende dans toute l’Afrique, sous lequel se règlent beaucoup de problèmes de société. Un lieu d’échange et de paix. »

- Pourquoi avoir fondé cette association, il y a deux ans ?

- Pour enfin devenir acteurs dans la société. Pendant un quart de siècle, beaucoup d’entre nous sont venus en Suisse avec l’intention de rentrer au pays. C’était mon cas. Or, cette attitude conduit à être attentiste, à rester simple observateur. Cela a beaucoup pesé sur notre communauté, notamment en ce qui concerne l’intégration des enfants. C’est comme si l’Africain était resté devant la porte d’une maison, sans jamais frapper. Désormais, ici dans la Chablais, nous avons décidé de frapper à la porte. De prendre nos responsabilités. C’est une rupture totale.

- Comment ?

- Prenez l’éducation. Un comité, au sein de Baobab, est chargé de mener une réflexion et de faire des propositions aux autorités, afin d’éliminer les blocages culturels. Nous souhaitons disposer d’un local où les devoirs des enfants seraient pris en charge, avec la contribution des grands frères. Ce centre doit devenir, en quelque sorte, notre nouvelle « place du Marché ». Un endroit où créer le débat avec les autochtones, de façon plus ouverte que dans nos églises et nos boutiques africaines.

- Vous ambitionnez aussi de fonctionner comme une passerelle pour les migrants africains. De quelle façon ?

- Comme nous avons l’avantage de parler les mêmes langues ou dialectes que les nouveaux arrivants, nous pouvons, d’entente avec les autorités locales, faciliter leur accueil. Actuellement, les requérants d’asile sont marginalisés dès le départ. Au plan psychologique, c’est néfaste. Nous pouvons contribuer à changer cela en leur expliquant des choses très concrètes, comme le fonctionnement des institutions ou la gestion des déchets, mais aussi en les mettant en contact avec des familles suisses. Ce sont des mesures que nous pouvons mettre en place dès demain, si l’on nous ouvre la porte.

- A quels obstacles vous heurtez-vous ?

- Aux préjugés, principalement. De par notre couleur de peau, nous sommes une minorité très visible. Bien plus que les Italiens ou les Portugais avant nous… Nous pouvons comprendre la méfiance que cela peut faire naître au départ. Mais nous voulons combattre les idées reçues et les généralisations.

- Comme celle concernant les dealers…

- C’est une réalité que nous ne pouvons ignorer. Mais il s’agit d’une infime minorité d’entre nous. La preuve que rester dans la marge est dangereux… En travaillant sur l’intégration active, nous voulons immédiatement faire entrer les gens dans la légalité.

- Quels sont les premiers échos de vos efforts ?

- Très positifs. Certains Africains étaient réticents au départ. Aujourd’hui, tout le monde est enthousiaste. Et nous avons d’excellents contacts avec les autorités, en particulier la commune de Monthey. Nous avons beaucoup à apporter à la société. L’objectif, c’est de créer un déclic. Espérons que notre démarche sera reprise ailleurs en Suisse.

>> L’Association africaine du Chablais organise samedi 27 juin une «soirée de l’amitié » à Monthey (salle de la Gare). Dès 18h, cuisine africaine, danse et musique avec, entre autres artistes, Vincent Zanetti. Entrée libre.

Les No Border à l'assaut de Calais

Un camp de militants altermondialistes s'est installé quelques jours dans la ville pour dénoncer les politiques migratoires.

«On est là pour dire notre refus des politiques migratoires actuelles, notre volonté que les frontières soient abolies et notre engagement pour la libre circulation des personnes», résume Meriem, «membre» du réseau No Border (lire leur manifeste ici).

Un argumentaire bien rodé et une organisation efficace caractérisent les participants de ce camp altermondialiste installé à Calais jusqu'au 27 juin (pour les suivre sur Twitter c'est ici). Un lieu de débats, de rencontres autour de la question des migrations, dans un lieu hautement symbolique.

Ils seraient une petite centaine selon des témoins sur place, 250 selon Meriem.

Des centaines de migrants en transit

A l'origine de cette initiative, des activistes du réseau européen No Border, spécialisé dans ce type d'installations. Le choix de Calais n'est pas anodin. En effet, c'est un lieu de passage obligé pour les migrants dans leur route vers l'Angleterre.

Depuis la fermeture du centre de Sangatte en 2002, des centaines de personnes passent par la ville et s'y installent dans des conditions extrêmement précaires en attendant de passer la Manche (lire un article sur le sujet de France Terre d'Asile ici).

Les migrants sont d'ailleurs invités à partager pendant ces quelques jours la vie du camp. Au risque, comme le note un militant associatif calaisien, de faire naître des désillusions. «La notion de camp est associée à Sangatte dans l'esprit des migrants. Certains nous ont dit qu'ils espéraient obtenir des papiers en rejoignant ce campement», a-t-il confié à Youphil.

Calais en état d'alerte

L'événement donne lieu à un déploiement colossal des forces de l'ordre. Quelques 2000 policiers ont été mobilisés pour faire face à l'arrivée de ces militants, connotés extrême-gauche. La ville est placée en situation d'alerte. Ainsi, pendant une semaine, pas question d'acheter de l'alcool dans les supermarchés ou de l'essence en bidon.

Les associations d'aide aux migrants qui travaillent à Calais n'ont pas souhaité s'associer au camp No Border. «Ces militants prônent la suppression des frontières et la libre circulation des personnes. Ce sont des thématiques qui ne sont pas les nôtres», explique Vincent Lenoir, de l'association Salam (notre article sur le procès d'un des membres de l'asso ici). Mais individuellement, les adhérents et les salariés de l'association iront peut-être faire un tour du côté de la rue Normandie-Niemen où sont installés les No Border.

Le point d'orgue du rassemblement est prévu samedi 27 juin, avec une grande manifestation à laquelle un certain nombre d'organisations politiques et syndicales se sont associées (par exemple Terre d'errance). Et à partir de la semaine prochaine, le camp devrait être démonté. Seuls resteront les migrants.

mercredi, juin 24, 2009

Un an après: « l'aide d'urgence » opprime toujours les femmes déboutées de l'asile

Une année est vite passée. Elle aura pourtant été longue pour les centaines de femmes de ce canton qui se trouvent toujours soumises au régime dit d'aide d'urgence s'appliquant depuis janvier 2008 à toutes les personnes déboutées de l'asile.

En juin 2008, plusieurs femmes dans cette situation dénonçaient par une lettre ouverte* aux autorités, aux médias et à la population, l'indignité de ce régime qui les détruit. Aujourd’hui, la longue durée de ce système inhumain a aggravé leur état de santé. Plusieurs se trouvent en dépression et doivent ingérer des médicaments. Durant cette année, elles ont continué de subir des pressions aux déménagements forcés: plusieurs fois ballotées ou menacées de l'être, d'un centre à l'autre, d'un appartement vers un centre. Elles ont pâti au quotidien de l'univers semi-carcéral des centres et de la présence intrusive d'hommes de la sécurité. Elles ont continué à vivre dans la peur constante d'interventions policières en vue de leur détention et de leur renvoi.

Elles ont vécu un an de plus sans pouvoir travailler. Exclues de l'aide sociale, elles ne reçoivent de l'aide qu'en nature ou 9.50 francs par jour pour certaines. Elle sont exploitées dans des programmes «d'occupation », comme pour le nettoyage des centres, payé 4 fr. l'heure, représentant néanmoins la seule possibilité de gagner un peu d'argent. Durant une année supplémentaire, sans garderies, elles ont été confinées avec leurs enfants en chambre dans un centre, ou dans des appartements que certaines ont obtenu par leur lutte, mais ces immeubles-ghettos (micros-studios sans meubles dans des quartiers périphériques) ne changent pas le fond du problème.

Notre collectif féministe, les Sorcières en colère, a réagi à leur lettre, en les soutenant par notre « Appel solidaire avec les femmes résidentes des centres d'aide d'urgence ». Et nous le rappelons encore: « l'aide d'urgence », cette mesure de contrainte déguisée en assistance, s'ajoute pour les femmes aux discriminations spécifiques vécues dans leur parcours d'asile, dans la procédure en Suisse et dans les possibilités d'intégration ou de régularisation.

Aujourd'hui nous revenons sur cet appel, pour redire notre indignation, notre solidarité et rappeler à la population, aux médias, aux autorités de ce canton, que les déboutées continuent d'être les victimes d'une politique d'asile irrespectueuse des droits fondamentaux, et en particulier des droits des femmes définis dans la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discriminations à l'égard des femmes (CEDEF), ratifiée par la Suisse.

Ces femmes sont en Suisse depuis des années. Venues pour trouver une vie digne, elles y ont reconstruit un bout d'espoir, des ami·e·s, une famille, et participent de cette société. Elles doivent pouvoir vivre normalement et retrouver les moyens de leur autonomie. Nous continuons d'exiger leur sortie immédiate de l'aide d'urgence, leur droit au travail et leur régularisation.

Sorcières en colère, Lausanne, 25 juin 2009. Contact: infos@sorcieres.org



* « Lettre ouverte des femmes NEM et déboutées résidentes du centre d’aide d’urgence du Simplon », Lausanne, le 30 juin 2008. Voir: www.droitderester.ch

Les étrangers doivent être refoulés en cas de délit grave



Les étrangers qui ont commis une infraction pénale grave doivent être refoulés de manière conséquente. Par ailleurs, l'autorisation d'établissement ne doit être octroyée qu'en cas de bonne intégration. Plus...


(ats) 13:10 24.06.2009

Renvoyer les étrangers condamnés à un an pour un délit très grave

Les criminels étrangers qui écopent d'une peine de prison d'un an au moins pour un délit très grave devraient être renvoyés de Suisse. Le Conseil fédéral a durci son contre-projet à l'initiative populaire de l'UDC à l'issue de la consultation.

Dorénavant, les criminels étrangers qui ont été jugés pour une infraction passible d'une peine privative de liberté d'un an au moins doivent aussi être concernés. Il s'agit toujours de délits très graves comme l'assassinat, le meurtre, le viol, le brigandage qualifié, la prise d'otage ou l'incendie intentionnel, a précisé le Conseil fédéral.

Ce dernier a confirmé dans le même temps que la décision de renvoyer un étranger criminel devra respecter le principe de proportionnalité. Il a également entériné sa volonté de limiter l'octroi d'une autorisation d'établissement aux personnes qui sont bien intégrées.



Office fédéral des migrations
Département fédéral de justice et police

Le Conseil fédéral adopte le message concernant l’initiative sur le renvoi et le contre-projet

Communiqués, DFJP, 24.06.2009

Berne. Aujourd’hui, le Conseil fédéral a adopté le message concernant l’initiative populaire « Pour le renvoi des étrangers criminels (initiative sur le renvoi) » et le contre-projet indirect. Le contre-projet indirect à l’initiative sur le renvoi reprend le souhait des auteurs de l’initiative sans entrer en contradiction avec la Constitution fédérale ni avec le droit international public. Les autorisations relevant du droit des étrangers doivent être systématiquement révoquées en cas d’infraction pénale grave. De plus, l’autorisation d’établissement ne doit plus être octroyée que si l’étranger est bien intégré.

Documents


Le Conseil fédéral estime que l’initiative populaire « Pour le renvoi des étrangers criminels (initiative sur le renvoi) » n’est pas contraire au droit international public impératif et qu’elle peut être interprétée dans le respect du principe de « non-refoulement ». Cependant, appliquer l’initiative entraînerait des conflits avec des garanties inscrites dans la Constitution fédérale, notamment le principe de la proportionnalité ou la protection de la vie privée et familiale. Qui plus est, d’importantes dispositions du droit international public non impératif ne pourraient plus être respectées, par exemple certaines clauses de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et de l’accord sur la libre circulation des personnes conclu avec l’UE. Le Conseil fédéral recommande donc au Parlement de rejeter l’initiative populaire.

Un contre-projet indirect lui est opposé. Il a fait l’objet d’une procédure de consultation du 15 janvier au 15 avril 2009. A quelques exceptions près, les participants à la consultation rejettent l’initiative populaire. Cependant, ils souscrivent, sur le principe, au renvoi des étrangers ayant commis des délits graves. Une nette majorité des cantons, la Conférence des directrices et directeurs des départements cantonaux de justice et police (CCDJP), l’Union des villes suisses et l’Association des communes suisses ainsi que les organisations patronales, notamment, sont favorables au contre-projet. Dans le message qu’il vient d’adopter, le Conseil fédéral maintient les principes du contre-projet indirect mis en consultation.

Révocation des autorisations suite à des délits graves

Le contre-projet indirect vise à uniformiser et simplifier les réglementations concernant la révocation des autorisations relevant du droit des étrangers. En cas de peine privative de liberté de deux ans au moins, le pouvoir d’appréciation des autorités devrait être limité. Par rapport au projet mis en consultation, cette limitation est étendue aux cas où une personne étrangère a été condamnée par un jugement passé en force pour une infraction passible d’une peine privative de liberté d’un an au moins. Il s’agit dès lors toujours d’infractions très graves portant atteinte, notamment, à l’intégrité physique, psychique ou sexuelle de la victime (assassinat, meurtre, viol, brigandage qualifié, prise d’otage, incendie intentionnel, traite d’êtres humains qualifiée, génocide). Demeurent réservés le principe constitutionnel de la proportionnalité des mesures prises par l’autorité et le droit international public.

Octroi de l’autorisation d’établissement seulement en cas de bonne intégration

Selon le contre-projet indirect, l’autorisation d’établissement ne doit plus être octroyée qu’en cas de bonne intégration. Il en va de même pour les conjoints étrangers admis au titre du regroupement familial. Une bonne intégration présuppose le respect de l’ordre juridique suisse, l’adhésion aux valeurs fondamentales de la Constitution fédérale et la volonté de participer à la vie économique et d’acquérir une formation. Les connaissances linguistiques revêtent également une grande importance. Une meilleure évaluation de l’intégration avant l’octroi de l’autorisation d’établissement permet également d’éviter de longues procédures de révocation.

Un permis de séjour biométrique pour les étrangers ?

(ats) 10:35 24.06.2009
Les étrangers en Suisse auront un permis de séjour biométrique

Image © Keystone


Les permis de séjour des étrangers vivant en Suisse seront dotés à l'avenir d'une puce contenant une image du visage et deux empreintes digitales. Ce nouveau développement de l'acquis de Schengen, en consultation jusqu'au 7 octobre, vise à éviter la falsification.

Le Conseil fédéral a approuvé l'avant-projet de modification de la loi sur les étrangers et d'autres dispositions légales. La Confédération a jusqu'au 20 mai 2011 pour émettre un titre de séjour biométrique pour les étrangers. Les futures exigences techniques de ces documents sous forme de carte de crédit sont analogues à celles pour les passeports.

Les données récoltées doivent être enregistrées dans le système d'information central sur la migration (SYMIC). Le travail des autorités responsables sera ainsi facilité, tandis que les étrangers pourront faire prolonger leur permis sans devoir de nouveau se soumettre à la procédure de saisie biométrique et payer une taxe biométrique supplémentaire.

Seules les autorités autorisées à contrôler les titres de séjour peuvent accéder aux données biométriques pour vérifier l'authenticité du document et l'identité de son titulaire. Ce durcissement technique s'inscrit dans l'idée d'améliorer la lutte contre l'immigration illégale.

Les nouveaux éléments de sécurité et les identificateurs biométriques devront être utilisés par tous les Etats participant à Schengen, selon un modèle uniforme de permis pour les étrangers. Par conséquent, ce sésame inclura, en plus de l'écusson suisse, le taureau symbole de l'Union européenne ainsi que le sigle UE. Une perspective qui a déjà fait bondir l'UDC.



Office fédéral des migrations
Département fédéral de justice et police

Introduction de la biométrie dans les titres de séjour pour étrangers : ouverture de la consultation

Communiqués, DFJP, 24.06.2009
http://www.bfm.admin.ch/bfm/fr/home/dokumentation/medienmitteilungen/2009/ref_2009-06-240.html

Berne. Le Conseil fédéral a ouvert aujourd’hui la procédure de consultation relative au développement de l’acquis de Schengen concernant l’introduction de la biométrie dans les titres de séjour pour étrangers. Les modifications nécessaires portent sur la loi fédérale sur les étrangers (LEtr) et sur la loi fédérale sur le système d'information commun aux domaines des étrangers et de l'asile (LDEA).

Le Règlement (CE) n° 380/2008 du 18 avril 2008 constitue un développement de l’acquis de Schengen concernant les titres de séjour. Il vise à déterminer les nouveaux éléments de sécurité et les identificateurs biométriques que les Etats membres doivent utiliser dans un modèle uniforme de titre de séjour pour les ressortissants d’Etats tiers. Afin d’éviter les falsifications, le titre de séjour pour étrangers doit satisfaire à des exigences techniques très élevées. Il s’agit notamment de lutter contre l’immigration illégale et le séjour irrégulier.

Le titre de séjour pour étrangers doit contenir, enregistrées dans une puce, une image faciale, ainsi que deux images d’empreintes digitales de la personne concernée. Seules les autorités autorisées à contrôler les titres de séjour peuvent accéder aux données biométriques pour vérifier l’authenticité du document et l'identité de son titulaire.

Les données biométriques recueillies doivent être enregistrées dans le système d’information central sur la migration (SYMIC), de manière à permettre aux bénéficiaires d’un titre de séjour de le renouveler sans avoir à subir une nouvelle procédure de saisie biométrique et sans devoir s'acquitter d'une taxe biométrique supplémentaire. Le travail des autorités responsables s’en trouve également facilité. Les empreintes digitales d’une personne ne sont pas comparées avec les données centralisées dans SYMIC. Les vérifications nécessaires ne sont effectuées qu’au moyen des données biométriques enregistrées sur la puce du titre de séjour.

La Suisse dispose d’un délai courant jusqu’au 20 mai 2011 pour émettre un titre de séjour biométrique pour étrangers. La Suisse s’étant engagée à reprendre tous les actes juridiques constituant un développement de l’acquis de Schengen, les bases légales qui s’y rapportent devront être adaptées d’ici à cette date. La mise en œuvre du règlement de l’UE requiert une adaptation de la LEtr, de la LDEA et des dispositions cantonales d’exécution concernées.

La procédure de consultation prendra fin le 7 octobre 2009.

Les étrangers aussi devront montrer patte blanche pour obtenir leurs documents.Les étrangers aussi devront montrer patte blanche pour obtenir leurs documents.

Au pays des migrants (6) : au milieu du non-droit, l’information sur les droits

http://dailynord.fr/2009/06/au-pays-des-migrants-6-au-milieu-du-non-droit-linformation-sur-les-droits/

Par Nicolas Montard • 23 juin, 2009 • Catégorie: DailyUne, Réalités Lis moi avec webReader

La nouvelle est tombée à la fin mai. Le Haut commissariat aux réfugiés (dépendant de l'ONU) et France terre d'asile décidaient de s'implanter à Calais. L'objectif : informer le millier de migrants du littoral de leurs droits, souvent méconnus et jetés en pâture par les passeurs. Depuis trois semaines, les deux organismes ont commencé leur action. Dans le cadre de notre grand format, nous les avons retrouvés à l'heure de la distribution du repas aux migrants.

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Un mercredi de fin de printemps. Retour au pays des migrants en début d'après-midi sur le lieu de distribution du repas par l'association La Belle Etoile. A part le soleil, rien n'a vraiment changé depuis notre dernier passage un mois plus tôt (à lire ici). Toujours les bénévoles et leur camion. Toujours les migrants qui peinent à faire les deux files requises. Toujours Patrice, le doyen de La Belle Etoile pour veiller au grain. Seuls les visages des réfugiés évoluent. Car on reconnaît sans peine ceux qui viennent d'arriver. Encore frais et pleins d'espoirs. Et les autres croisés au fil des semaines : regards plus vagues, traits tirés, yeux fiévreux, barbes hirsutes.

« Informer les migrants de leurs droits»

14h et quelques. Une camionnette se gare un peu à l'écart sur ce terrain vague à quelques centaines de mètres du beffroi de Calais. Plusieurs personnes en descendent. Certains avec un chasuble bleu siglé UNHCR (Agence des Nations Unies pour les réfugiés). Ou de larges autocollants France terre d'asile. La nouveauté est là : depuis le début du mois, l'agence des Nations Unies et l'association française disposent d'une permanence quelques jours par semaine à Calais. « C'était une décision mûrement réfléchie, expliquent conjointement Radoslaw Ficek, responsable-adjoint chez France terre d'asile et Marie-Noëlle Thirode, détachée du HCR. Notre objectif est d'informer les migrants de leurs droits. Et des démarches qu'ils peuvent faire.»

La distribution de nourriture suit son cours. Les nouveaux arrivants ne perdent pas de temps. Depuis plusieurs jours déjà, ils profitent de ce moment pour tisser des liens avec les réfugiés. Des liasses de photocopies en main, ils se dirigent vers les différents groupes. Quand ce ne sont pas les migrants qui viennent à eux. « Ils commencent à nous connaître, à savoir qui nous sommes, qui nous représentons, nous confirme-t-on. Et certains commencent à se poser des questions…» A savoir : est-ce que l'Angleterre, but ultime de leur voyage, est finalement une si bonne solution que ça ? Est-ce que certains d'entre eux n'auraient pas intérêt à demander l'aide de la France ? Ou à rentrer chez eux, en témoigne la question de ce Pakistanais à Marie-Noëlle Thirode : « Existe-t-il une aide au retour ?»

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Les mineurs sous la pression familiale

Jean-François, l'un des membres de l'équipe, s'installe par terre en compagnie de deux migrants en train de manger leurs pâtes. Très vite, naturellement, la conversation s'engage en anglais. D'autres Afghans s'en mêlent. Le jeune homme donne les photocopies. Quelques informations sur les droits des réfugiés. L'un d'entre eux hoche la tête, apparemment convaincu par le discours de Jean-François. Car ce que ne savent souvent pas les migrants, c'est que nombre d'entre eux peuvent demander une protection. Eu égard à leur nationalité, Afghans, Erythréens ou Soudanais par exemple. « Si on peut prouver que le réfugié est en danger dans son pays, les conventions internationales doivent s'appliquer sur son cas, résume Radoslaw Ficek. Seulement, peu le savent : les réseaux de passeurs ont bien sûr tout intérêt à discréditer notre action et à désinformer.»

On se glisse derrière l'interprète du groupe. Le voilà qui discute avec un groupe de trois hommes. A priori soucieux : « Il faut le reconnaître : leur première inquiétude, c'est la question des empreintes digitales. Là, il y a un complet manque d'informations.» Inquiétude légitime des migrants : avec Dublin 2, une convention qui détermine les compétences européennes en terme d'asile, si les migrants ont laissé leurs empreintes dans un pays d'Europe avant d'arriver en Angleterre et qu'ils se font prendre de l'autre côté de la Manche, ils seront renvoyés dans ce pays d'origine. A savoir le plus souvent, les portes d'entrées sur l'Europe, l'Italie, peu amène à l'égard des réfugiés, ou la Grèce, un problème plus important selon Radoslaw Ficek et Marie-Noëlle Thirode : « C'est le pays qui nous préoccupe le plus. Il ne respecte pas les mesures internationales. Pour vous dire, il y a deux ans, moins d'1% des demandes d'asiles étaient acceptées là-bas. Aujourd'hui, on a dépassé les 1%… Les réfugiés ont 30 fois plus de chance d'obtenir cet asile en France. Alors qu'ici, ce n'est pourtant pas facile…» Encore plus quand ils sont mineurs, une part de plus en plus importante de la population des migrants : » Le problème avec les mineurs, c'est qu'ils ne prennent pas la décision seuls. Souvent, les familles sont au pays et veulent qu'ils passent en Angleterre.»

« Je veux aller en Angleterre. Je réussirai.»

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Une tape sur notre épaule : Youssaf, un Afghan que nous avions déjà rencontré. « Ça va ? Tu as pu nous faire les photos ?« , nous demande-t-il. On sort le paquet de photos prises lors de notre dernier reportage. Immédiatemment, un petit attroupement. Chacun récupère la sienne, celles des amis ou compagnons d'infortune, au choix. Avant de se réjouir sur l'une d'entre elles : « Lui, tu t'en souviens ? Je crois qu'il a réussi à passer, nous n'avons plus de nouvelles.» Content pour lui ? « Bien sûr ! Bientôt, c'est mon tour.» Car pour lui, pour le moment, HCR, France terre d'asile ou pas, son but, c'est l'autre côté de la Manche et rien d'autre : « Je veux aller en Angleterre. Je réussirai.»

La distribution de nourriture est finie. Les migrants s'éparpillent très vite. Rentrant dans leurs squats ou campements en attendant les passages de la soirée. En reste quelques-uns, au bout de ce terrain vague. Assis autour d'un membre de France terre d'asile. Quelques dernières informations pendant que les responsables essaient de régler la situation d'un Afghan muni d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. « On va s'en occuper. On va passer un coup de fil à un relais sur place pour qu'il prenne en charge son cas.» Pour le moment, le HCR et France terre d'asile doivent se rendre dans la « jungle» principale. Leur premier contact là-bas, au pays des Afghans. Certainement pas le dernier…

Retrouvez les précédents reportages de ce grand format :
- Au pays des migrants (1) : les étoiles du midi
- Au pays des migrants (2) : les femmes et les enfants dehors
- Au pays des migrants (3) : la "jungle", en attendant
- Au pays des migrants (4) : une vie dans un sac poubelle
- Au pays des migrants (5) : Norrent-Fontes, base arrière vers l'Angleterre

mardi, juin 23, 2009

Vaud : Plus de 3'500 personnes soutiennent la régularisation de 182 personnes sans-papiers


Manif contre l'aide d'urgence au Simplon

L'AGORA, une immigrée de plus aux Tattes

lundi, juin 22, 2009

Vous avez dit décomplexé ?

Vous avez dit décomplexé ? l'éditorial de juin de Vivre ensemble




La voilà à visage découvert, la « droite décomplexée
» en matière d’immigration, celle qui « dit tout haut
ce que tout le monde pense tout bas». Aux
poubelles le « politiquement correct ». Place aux
durs, ceux qui expulsent et font du chiffre.
Début mai, l’Italie a arraisonné et escorté 500 boat
people à leur port d’embarquement, la Libye. Une
première symbolique : selon le HCR, 50 % des
immigrants ayant déposé en 2008 une demande
d’asile à leur arrivée en Italie a été considéré
comme méritant une protection internationale.
Que Tripoli, qui n’a pas signé la Convention sur les
réfugiés, ait annoncé son intention d’expulser ces «
rapatriés » n’émeut guère les autorités italiennes.
Celles-ci se félicitent au contraire d’un « tournant
historique ».
De fait, l’Italie joue dans la surenchère xénophobe
et les élections européennes ont exacerbé le
phénomène. Berlusconi revendique haut et fort la
paternité de ces refoulements et du traité signé en
août 2008 avec Kadhafi, qui promet «moins de
clandestins et plus de gaz et de pétrole libyens ».
Son projet de loi anti-immigration voté mi-mai au
Parlement dénote son intention de ne pas se laisser
dépasser par la Ligue du nord. Il le justifie par un
refus d’une Italie « multiethnique » et insinue que
les rafiots arrivant à Lampedusa sont chargés de
criminels.
Si le HCR a vivement réagi aux refoulements en
Libye, l’Europe officielle est restée discrète. C’est
que les Etats du nord ont laissé pourrir la situation
en Grèce, à Malte et en Italie, qui subissent de plein
fouet la pression migratoire.
L’attitude des uns et des autres révéle avec éclat les
dysfonctionnements du système Dublin (p. 7).
L’Italie rétorque au HCR de trier lui-même les
migrants en Libye, et ce alors que l’organisation ne
peut y travailler officiellement ? Le commissaire
européen Jacques Barrot enrobe le concept de
termes diplomatiques: « Il faut bâtir avec les pays
de la rive sud de la Méditerranée des points
d’accueil qui permettront aux requérants d’asile
authentiques de faire inscrire leur dossier dans des
conditions convenables » (TdG, 19.05.09) Bref,
l’Europe s’apprête à exporter ses camps de
rétention et d’expulsion dans les pays limitrophes.
En Suisse, on aurait tort de pavoiser. L’interdiction
du droit au mariage des clandestins et recalé-e-s
de l’asile ferait rougir d’envie Berlusconi (p.8). Et
question surenchère xénophobe, on en connaît un
rayon. Le dernier opus de l’UDC sur l’asile et les
migrations –sur le mode « tous des criminels, tous
des profiteurs »- vient le rappeler. Avec, en prime,
une ex-UDC chargée de l’asile et des migrations
qui veut prouver à ceux qui l’ont exclue qu’elle en
est une vraie, de dure.
A force de rendre fréquentables les idées les plus
nauséabondes, la « droite décomplexée » finit par
corrompre les frontières éthiques de l’Etat de droit.
A Milan, un élu municipal de la Ligue du Nord a
récemment proposé de réserver des places de
transports publics aux «Italiens de souche».
Caricatural ? Certainement. Mais à méditer.
Sophie Malka

Garantir du spectacle?

Des militants de l'asile qui organisaient une action illégale ont voulu faire venir les médias; on leur a répondu qu'il fallait du spectacle.

Le témoignage critique de Graziella De Coulon, co-présidente de Solidarité sans frontières.

Médialogues - émission - 22.06.2009
date: 22.06.2009 / durée: 00:28:42 / taille: 26.3 Mo

Turquie, le mirage de l'asile



Qui veut encore d'un droit d'asile?

Qui veut encore d'un droit d'asile?

Paru le Samedi 20 Juin 2009
OLIVIER CHAVAZ

SuisseA l'initiative de l'ONU, le 20 juin est placé depuis l'an 2000 sous le signe de la «Journée mondiale du réfugié». Selon le recensement annuel du Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR), pas moins de 42 millions d'êtres humains sont contraints de vivre loin de leurs attaches en raison de persécutions subies ou de guerres dévastatrices. Tous ne sont pas des exilés: quelque 26 millions d'entre eux ont été déplacés à l'intérieur des frontières de leur pays d'origine. A l'instar, notamment, des centaines de milliers de Pakistanais et de Tamouls qui ont dû fuir leur foyer ces derniers mois.
Alors que les Etats industrialisés érigent chaque jour de nouveaux obstacles légaux et physiques afin d'enrayer toute forme d'immigration non choisie –qu'elle soit politique ou économique–, il n'est pas inutile de rappeler que ce sont les pays les plus déshérités de la planète qui sont amenés à accueillir quatre cinquièmes des réfugiés. D'où ce constat, sous forme d'appel à la solidarité, émis hier par le haut commissaire portugais des Nations Unies Antonio Guterres: «La même communauté internationale qui s'est sentie obligée de dépenser des centaines de milliards pour secourir les systèmes financiers devrait également ressentir l'obligation de secourir des personnes dans une situation de besoin aussi désespérée.»
Pas sûr que cette exhortation sera entendue de sitôt. Non seulement le Nord rechigne à apporter une aide constante et efficace dans ce domaine, mais les gouvernements s'emploient aussi à vider de sa substance le principe et l'application du droit d'asile sur leur propre territoire. Dans cet exercice, le zèle affiché par les autorités helvétiques constitue sûrement un cas d'école. En janvier dernier, un an jour pour jour après l'entrée en vigueur du énième durcissement de la loi sur l'asile, la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf communiquait son intention de donner un tour de vis supplémentaire. L'objectif était clairement énoncé: il s'agit de «diminuer l'attractivité» du pays, point final.
Cette révision en préparation n'aura bien entendu aucune incidence sur les flux migratoires en direction de notre pays. Ses effets devraient en revanche pénaliser des catégories de réfugiés qui auraient le plus besoin d'une protection, selon les spécialistes. Comme les réformes précédentes, elle ne fera donc que grossir les rangs des recalés de l'asile, ces laissés-pour-compte contraints de survivre avec, au mieux, quelques francs par jour dans l'un des Etats les plus opulents de la planète. Face à un tel degré d'urgence politique, la récente campagne lancée par une grande oeuvre d'entraide à l'occasion de la Journée mondiale du réfugié –via les affiches «Tous des menteurs?», «Tous des dealers?» et «Tous des profiteurs?», censées combattre les préjugés– est un signe inquiétant. Quand on commence à reprendre le langage de l'adversaire, c'est que la défaite semble déjà intégrée. La preuve? L'Office fédéral des migrations parraine cette initiative...

Donner refuge à des migrants? Les Eglises vaudoises hésitent

MICHAËL RODRIGUEZ

VaudJOURNÉE DES RÉFUGIÉS - Elles avaient «caché» des requérants lors de la crise des «523». Aujourd'hui, les églises sont en plein dilemme.
Le mouvement de soutien aux migrants est en quête d'un nouveau souffle. Après l'occupation d'un centre de requérants d'asile, vendredi dernier à Vevey, le collectif Droit de rester mènera une action lundi devant le foyer de la rue du Simplon, à Lausanne. Alors que la Journée mondiale des réfugiés a lieu aujourd'hui, les militants protestent contre le régime «inhumain» de l'aide d'urgence. La Coordination asile est aussi à la recherche d'un lieu pour abriter, en cas de besoin, des requérants menacés de renvoi. Sollicitées, les Eglises vaudoises sont en plein dilemme.

Attirer l'attention

L'objectif des militants du droit d'asile est double: il s'agit de protéger des gens qui vivent dans la peur et l'indigence, mais aussi de remettre sur le devant de la scène un dossier resté dans l'ombre depuis le dénouement de l'affaire des «523» requérants déboutés. Le vote massif du peuple suisse en faveur du durcissement de la politique migratoire, en septembre 2006, a freiné l'ardeur de certains sympathisants du mouvement, qui ne sont pas loin de penser que la cause est devenue politiquement indéfendable.


Des lois «légitimes»

Les Eglises sont elles aussi en proie au doute. Suite à la démarche de la Coordination asile, protestants et catholiques ont demandé conseil auprès d'un spécialiste du droit des étrangers. Il s'agit de l'avocat Minh Son Nguyen, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Lausanne. Son rapport devrait être rendu dans les jours qui viennent. Il constituera l'un des éléments qui guideront la décision des conseils de paroisse. Lors de la crise de l'asile dans le canton de Vaud, les communautés religieuses avaient joué un rôle crucial en ouvrant des refuges pour les «523». «On était dans un contexte très différent, estime Michel Racloz, membre du Conseil de l'Eglise catholique et coordinateur du département solidarité. Sur la base d'une sorte de quota, 523 personnes avaient été écartées sans que l'on sache pourquoi ni comment. Leurs droits n'avaient pas forcément été respectés. Aujourd'hui, le problème vient de lois qui comportent des clauses vraiment négatives mais qui, avec le vote du peuple, ont une légitimité démocratique.»
Les Eglises s'interrogent donc sur l'opportunité d'ouvrir un refuge. Elles veulent savoir si une telle action a des chances, dans le contexte actuel, de débloquer la situation des migrants. «Nous avons demandé une appréciation juridique sur la situation des personnes qui sont à l'aide d'urgence, et sur l'existence d'un éventuel déni de droit», explique Pascale Gilgien, conseillère synodale de l'Eglise évangélique réformée et responsable du service santé et solidarité. Pour Michel Racloz, il s'agit aussi d'éviter que l'ouverture d'un refuge ne se retourne contre ses occupants. Les permis humanitaires ne sont en effet accordés qu'à des requérants dont le domicile a toujours été connu des autorités. La communauté israélite, qui avait soutenu les «523», ne participe pas aux discussions. Graziella de Coulon, membre de la Coordination asile, ne comprend pas les hésitations des Eglises. «Depuis l'entrée en vigueur de l'aide d'urgence, elles se sont nettement retirées, critique-t-elle. Elles organisent des cercles de silence pour soutenir les requérants d'asile, mais je ne crois pas que le silence puisse changer quoi que ce soit»!


La peur de sanctions

Les Eglises auraient-elles peur des éventuelles sanctions? La nouvelle loi sur les étrangers réprime très sévèrement l'accueil de personnes en situation irrégulière: jusqu'à 500 000 francs d'amende et cinq ans de réclusion! «C'est délicat, admet Michel Racloz. Comme les bâtiments de l'Eglise catholique appartiennent aux paroisses, cela retomberait sur les Conseils de paroisse. Si nous ouvrons un refuge, ce sera donc à chaque personne individuellement de prendre ce risque.» I



article

«IL Y A PLEIN DE FAHAD KHAMMAS!»

michaël rodriguez

Un refuge, oui, mais pour qui? La Coordination asile pense notamment aux requérants menacés de renvoi en vertu des accords de Dublin, qui empêchent le dépôt d'une demande d'asile dans plusieurs pays. On se souvient de l'Irakien Fahad Khammas, personnage de «La Forteresse», le film de Fernand Melgar. En avril dernier, il a été expulsé vers la Suède, où sa première demande d'asile avait été déposée. «Nous avons plein de Fahad ici, s'exclame Graziella de Coulon. La police vient les chercher à 6 heures du matin pour les renvoyer dans des pays où ils ne savaient même pas qu'ils avaient laissé des empreintes digitales!»
Les militants veulent surtout dénoncer l'aide d'urgence, un système qui plonge les migrants dans la précarité et «fabrique» des clandestins: selon les chiffres du canton, pas moins de 637 personnes ont «disparu» durant les années 2007 et 2008. Elles ont été beaucoup moins nombreuses (371) à quitter officiellement le pays, le plus souvent sous la contrainte. Le ministre de l'Intérieur, Philippe Leuba, affirme expulser d'abord les requérants ayant des antécédents pénaux, mais Graziella de Coulon n'y croit pas: «En décembre, un homme de nationalité angolaise, mais qui avait toujours vécu au Congo, a été renvoyé en Angola après une dizaine d'années en Suisse! Et il n'avait pas commis de délit, en tout cas rien de grave.»

Le rapatriement d'un demandeur d'asile sur quatre échoue

Le rapatriement d'un demandeur d'asile sur quatre échoue

17.06.09 - 08:57 En 2007, 8.745 personnes en séjour illégal ont été expulsées de Belgique mais le rapatriement d'un demandeur d'asile sur quatre échoue, rapportent la Gazet van Antwerpen et le Belang van Limburg mercredi.

La principale raison pour laquelle certaines personnes ne peuvent pas être expulsées est l'impossibilité d'établir suffisamment l'identité ou la nationalité de cette personne. Le nombre d'expulsions avortées en raison de la résistance de la personne expulsée a par contre fortement diminué.

Selon la police et l'Office des étrangers, plusieurs pays collaborent peu ou pas en cas d'expulsion ou refusent d'accueillir sur leur territoire des demandeurs d'asile déboutés. En général, ils invoquent le fait que l'identité ou la nationalité de la personne expulsée n'est pas suffisamment établie.

Notre pays ne peut enfermer que maximum deux fois quatre mois un étranger en attente d'expulsion.

(Belga)