samedi, juin 20, 2009

Ce matin 20 juin: un cercle de silence à Vevey

vendredi, juin 19, 2009

L'école investit le supermarché

Eco-réfugiés

Inondations ici, désertification là, catastrophes naturelles à répétition ailleurs : le changement climatique ne concerne pas seulement, de façon générale, l'avenir de la planète, mais, très concrètement, le sort de populations entières, victimes de ces dérèglements.

Photo: Monirul Alam

Des Maldives aux Kiribati en passant par les îles Carteret, la fuite des hommes devant la montée des océans a déjà commencé. Aucun barrage ne tiendra contre le Pacifique. Ce n'est qu'un début. Demain, des territoires aussi peuplés que les deltas du Mékong, du Gange ou du Nil, ou ceux des côtes hollandaises, seront menacés par la montée des eaux et confrontés à des exodes environnementaux de grande ampleur. A l'inverse, réchauffement et désertification pousseront des communautés, voire des peuples, vers des régions moins inhospitalières.

Un réfugié sur deux est un enfant

image

A man with a small child crosses under a barbed wire fence on theZimbabwe-South Africa border near Belt Bridge.
UNHCR/ J. Oatway

La moitié des quelque 42 millions de réfugiés au monde sont des enfants ou des jeunes, selon les estimations de l'Unicef, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance.
"Vu l'attention donnée actuellement à la crise financière, la souffrance des enfants dans des pays en crise tels que le Congo, le Soudan, le Pakistan ou le Sri Lanka risque de tomber dans l'oubli", souligne l'organisation à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés qui se tient le 20 juin.
La situation est catastrophique pour les enfants dans l'est du Congo. On compte plus d'un million de réfugiés, dont la plupart sont des femmes et des enfants. La faim, le recrutement en tant qu'enfant-soldat, les attaques d'écoles et d'hôpitaux, les enlèvements et la violence sont monnaies courantes, explique encore l'Unicef. (belga)

Lu sur 7sur7.be

Lire “2008 Global Trends: Refugees, Asylum-seekers, Returnees, Internally Displaced and Stateless Persons”, rapport du HCR sur les réfugiés dans le monde en 2008

Montée du racisme : l’ONDH veut saisir la Cour européenne des droits de l’homme

Dakar, 18 juin (APS) – L’Organisation nationale des droits de l’homme (ONDH) du Sénégal entend protester solennellement au niveau du Conseil de l’Europe et de la Cour européenne des droits de l’homme contre la récurrence d’actes racistes en Espagne et en Italie.

“L’ONDH entend protester solennellement au niveau du Conseil de l’Europe et de la Cour européenne des droits de l’homme, organes supposés veiller au respect des valeurs de démocratie et de droits de l’homme en Europe contre la récurrence d’actes inacceptables’’, annonce l’ONDH dans un communiqué.

Le comédien sénégalais Lamine Mbengue a filmé, mardi soir à l’aéroport de Madrid, des policiers espagnols en tenue civile, en train de tabasser un ressortissant sénégalais supposé être en situation d’expulsion forcée du territoire. La vidéo, qui est disponible sur Internet, a fini de faire le tout du monde.

L’ONDH réitère son indignation et ses plus profondes préoccupations devant la montée du racisme et des actes de xénophobie dans certains pays européens.

“Après la criminalisation de l’immigration clandestine en Italie, la police espagnole vient de se signaler de la façon la plus barbare par des traitements cruels, inhumains et dégradants sur la personne d’un immigré sénégalais”, s’indigne l’ONDH.

Ces actes sont contraires aux principes édictés par tous les instruments pertinents en matière des droits de l’homme et attentatoires à la dignité humaine, fait-elle valoir.

La Chambre basse du Parlement italien a adopté, le 13 mai 2009, une loi qui transforme en crime le fait d’entrer ou de séjourner illégalement en Italie.

Selon cette loi, l’entrée ou le séjour illégal en Italie est un délit puni d’une amende de 5.000 (3,275 millions de francs) à 10.0000 euros (6,5 millions de francs). La même loi allonge la durée de rétention des immigrés de deux mois à six mois.

En Italie,les symboles fascistes ornent la surenchère sécuritaire

La France, terre d’accueil

Lu dans France Soir

Après trois années de baisse, la demande d’asile connaît en France une hausse de 20 %. Les ressortissants russes, des Balkans et de Turquie sont les plus nombreux


L’année dernière, 42.600 demandes d’asile ont été déposées en France. Ressortissants de pays en guerre ou persécutés par les autorités locales, ils sont un peu plus de 11.000, soit 36 %, à avoir bénéficié du statut de réfugié. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), établissement public autonome chargé d’examiner et d’octroyer les demandes d’asile, note depuis une hausse de 20 % des demandes. Une forte sollicitation qui pousse le ministre de l’Immigration à améliorer les conditions d’accueil des réfugiés sur notre territoire.

82 % des réfugiés sont irakiens

A l’occasion de la 9e Journée mondiale des réfugiés, Eric Besson a reçu hier en début d’après-midi, au ministère de l’Immigration, une trentaine de demandeurs d’asile irakiens arrivés en France avec l’aide de l’Association d’entraide aux minorités d’Orient (AEMO). Ahmed (*) a fui l’Irak en guerre pour venir se réfugier sur notre territoire. Gérant de plusieurs hôtels à Bagdad, il a dû démissionner car il ne touchait plus son salaire. « J’ai été sans activité pendant quelque temps mais j’ai tout de même réussi à ouvrir un magasin de produits cosmétiques », raconte-il, en arabe. Une période de stabilité qui fut pourtant de courte durée, l’homme de 51 ans étant contraint de fuir l’Irak avec toute sa famille. Il est en France depuis décembre 2008. Et quand on lui demande pourquoi il a décidé de partir, il se tourne vers son fils et sort de la chemise de ce dernier un crucifix en bois. « Voilà pourquoi je suis parti. Parce que nous sommes chrétiens. » Ahmed se sent aujourd’hui en sécurité en France et il « ne remerciera jamais assez le gouvernement français et l’Aemo » pour toute l’aide dont il a profité ». Timidement, le père de famille esquisse quelques mots en français qu’il parle pourtant bien. Ahmed a appris la langue de Molière lors de ses études en Belgique et il sent que cela va lui servir. Car, dit-il, aujourd’hui son pays « c’est la France » et il « n’espère plus » retourner un jour en Irak.

(*) Le prénom a été modifié.

Requérant d'asile grièvement blessé en fuyant la police

Un requérant d'asile s'est grièvement blessé en tentant d'échapper à un contrôle de la police ferroviaire jeudi après-midi à Lugano.

Lors d'une course-poursuite avec deux agents, l'homme de 25 ans a sauté par-dessus un parapet et est tombé du sixième étage du parking «Motta», atterrissant plusieurs mètres plus bas sur la route située à la hauteur du 3e étage. Le requérant d'asile, dont les jours sont en danger, a été transporté à l'hôpital en ambulance. Une enquête a été ouverte, a précisé la police cantonale tessinoise. L'homme est apparemment tombé sans intervention de tiers.

Requérants confrontés au “piège” du train

Une fois par mois, les demandeurs d’asile hébergés dans l’abri PCi de Nyon doivent se rendre à leur antenne régionale, sise à Yverdon. Un trajet en train qui peut leur coûter très cher.

ANETKA MÜHLEMANN dans 24 Heures

Les structures d’accueil nyonnaises ne permettent pas, pour l’instant, d’ouvrir un local qui éviterait un trajet coûteux pour la collectivité. Nyon, le 18 juin 2009. Photo Stéphane Romeu. «Ils doivent débourser 50 francs de train pour aller chercher leurs 200 francs mensuels!» Plusieurs Nyonnais, qui se sont liés d’amitié avec des requérants d’asile logés à l’abri PCi depuis février dernier, peinent à comprendre la logique de ces déplacements. Pourtant, d’un point de vue purement arithmétique, la situation n’est pas aussi scandaleuse qu’il y paraît. Les fameux 50 francs (prix d’un billet pour Yverdon) sont déjà compris dans l’argent qui leur est alloué par l’Etablissement vaudois pour l’accueil des migrants (EVAM). Tous les requérants reçoivent 150 francs par mois (5 francs par jour) destinés aux vêtements ainsi qu’aux produits d’hygiène. Les «Nyonnais», gérés administrativement depuis Yverdon, reçoivent en plus de quoi se rendre en train à leur entretien mensuel.

Poussés à la faute?

Mais il est fréquent qu’un requérant dépense tout son pécule et se retrouve coincé le jour de son rendez-vous dans le Nord vaudois. «La première fois que je devais y aller, témoigne Ibrahima Faty, j’étais un peu juste, alors j’ai pris un billet demi-tarif. J’ai tenu à prendre quand même un billet car je ne suis pas un voleur. Mais pour la police, j’étais en faute.»

Plusieurs demandeurs d’asile se sont ainsi fait pincer par les CFF en train de resquiller. «On reçoit souvent des dénonciations et parfois cela atteint des sommes astronomiques», constate Sylvain Buff, animateur à l’accueil de jour. Compte tenu des frais de récidive, de rappel et de préfet, l’amende grimpe vite au-delà de 200 francs. Au point d’éveiller un élan de solidarité. «Parfois, je leur donne de l’argent pour qu’ils s’achètent leur billet», confie un Nyonnais.

Des solutions?

Pourquoi ne pas leur remettre des Rail Checks (bons CFF faisant office de monnaie) pour éviter la tentation? Emmanuelle Marendaz Colle, chargée de presse de l’EVAM, se montre sceptique: «Administrativement ce serait trop lourd.» Et de préciser que «le cas des migrants logés à Nyon n’est pas unique dans le canton; les familles en appartement doivent également utiliser les transports publics pour remplir leur demande d’assistance financière.» Sauf que l’abri PCi de Nyon est particulièrement éloigné d’Yverdon. Et comme il peut accueillir une centaine de célibataires, les frais de déplacement se montent à quelque 5000 francs mensuels.

Ne serait-il pas plus judicieux de regrouper les rendez-vous et dépêcher quelqu’un sur place? «C’est compliqué, l’abri ne se prête pas à ces opérations. Il faudrait louer des locaux, alors qu’à Nyon c’est du provisoire», explique le directeur de l’EVAM, Pierre Imhof. En d’autres termes, la situation n’évoluera qu’avec l’implantation prévue d’une nouvelle structure d’accueil dans la région. Définitive et… avec des locaux administratifs.

Un cercle solidaire

A l’enseigne de la Journée mondiale des réfugiés, les Eglises protestante et catholique appellent à combattre les préjugés en organisant un «cercle de silence», demain, de 10 h 30 à 11 h 30, devant le centre commercial Saint-Antoine à Vevey.

jeudi, juin 18, 2009

Lundi 17h: Action devant le centre d'aide d'urgence du Simplo

Vendredi dernier, le Collectif droit de rester a occupé le centre EVAM de Vevey pour dénoncer le régime inhumain et discriminatoire de l'aide d'urgence, et pour demander la fin de ce système ainsi que la régularisation des personnes concernées. Cette action s'est poursuivie le lendemain par un camping au parc Doret de Vevey, où les requérant-e-s débouté-e-s et des personnes solidaires ont recueilli plus de deux cents signatures pour leur pétition « pour une politique migratoire respectueuse de la dignité humaine ».

Nos actions ne vont pas s'arrêter là. Nous continuerons d'élever nos voix contre une politique d'asile qui ôte tout droit aux personnes venues trouver un refuge ou la dignité en Suisse et y ayant reconstruit leur vie.

C'est pourquoi, lundi soir prochain, dès 17h, nous serons présent-e-s devant le centre du Simplon pour exiger à nouveau la fermeture des centres d'aide d'urgence et la fin immédiate des déménagements forcés des personnes déboutées vers ces lieux d'enfermement et d'exclusion.

Dans le cadre de la journée des réfugié-e-s du 20 juin, cette action sera pour nous l'occasion de rappeller à la population que ces personnes existent et doivent retrouver des droits.

Collectif Droit de rester, Lausanne - membre de la Coordination asile migration – Vaud

Contact :

www.droitderester.ch

collectif@stoprenvoi.ch

076 426 06 22 (à partir de vendredi 19.06.09)

La journée des réfugiés dans le Courrier

Une fin de semaine marquée par l'actualité de l'asile

Ce sera à la foi la Journée mondiale du réfugié et le Conseil européen des 18 et 19 juin prochains à Bruxelles souligne France Terre d'Asile qui rapelle à cette occasion quelques points importants.

Avec 42 599 demandes d’asile dont 35 404 premières demandes, la France est quantitativement le premier pays d’accueil en Europe et le troisième dans le monde. Relativement à leur population, c’est Malte et Chypre qui arrivent en tête avec respectivement 6,35 et 4,37 demandeurs d’asile pour mille habitants, la moyenne européenne se situant à 0,48, et la France à 0,65.
Les trois principales portes d’entrée en Europe (Espagne, Grèce et Pologne) sous-estiment de manière extrêmement préoccupante la demande d’asile.
Le statut de réfugié selon la Convention de Genève est aujourd’hui le parent pauvre de la protection, les Etats lui préférant bien souvent la protection subsidiaire.
Le Conseil européen des 18 et 19 juin va aborder la question de l’asile et de la solidarité européenne, notamment à l’égard des pays d’Europe du Sud. Selon le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR) plus de 67 000 personnes ont rejoint l’Europe par la mer en 2008, dont 38 000 en Italie et à Malte, principalement après avoir transité par le Libye. La grande majorité d’entre elles ont demandé l’asile et beaucoup l’ont obtenu.
Mais la solidarité européenne, c’est aussi Calais, où la Royaume-Uni a exporté ses frontières. Pour mémoire, alors que respectivement 281 Afghans et 656 Irakiens ont déposé une demande d’asile en France, 13 497 Afghans et 29 045 Irakiens l’ont fait en Europe. Dans un espace européen marqué par la crise économique et morale et un glissement conservateur encore plus visible depuis l’élection européenne, les cinq années qui viennent seront compliquées. Déjà, le Président du Conseil italien relance l’idée de l’externalisation des procédures d’asile notamment en Libye. Il reprend là une vieille ambition, exprimée sous d’autres formes en 2003 par Tony Blair. Le Conseil européen peut être tenté de troquer, contre cette procédure, l’accélération de programmes de réinstallation. Parce qu’il se joue là une certaine idée de l’Europe et de l’accès à son territoire, les organisations de défense des réfugiés doivent plus que jamais agir avec détermination et responsabilité. On le voit, la marge de manœuvre est très étroite.
Pour plus d'informations : http://www.france-terre-asile.org/

Fenêtre sur l'Europe

Malte, première terre européenne pour les boat people

L’îlot rocheux, situé à seulement 300 kilomètres des côtes libyennes, n’arrive plus à faire face aux vagues d’immigrants venus d’Afrique : 2.700 l’an dernier, et les chiffres ne cessent d’augmenter. Par solidarité européenne, la France va donc accueillir sur son sol 80 hommes et femmes, auxquels Malte a déjà accordé le droit d’asile.

La plupart de ces réfugiés s’échouent sur l’île par erreur, en cherchant à gagner l’Italie. Or l’archipel, avec ses 316 kilomètres-carrés et ses 400.000 habitants, devient pour eux une véritable prison à ciel ouvert, où le chômage et le racisme de la population font partie du quotidien. Ils ne peuvent ni revenir en arrière, ni aller de l’avant – ils ont obligation de vivre dans le pays qui leur a accordé le droit d’asile.

La majorité des immigrants vient d’Afrique de l’est, ce sont des Somaliens ou des Erythréens. Il y a tout de même quelques Ivoiriens comme Touré et Ibrahim (notre photo), qui font partie des pré-sélectionnés pour venir en France.

Touré et Ibrahim, candidats à la ''relocation'' en France - Sur le mur de l'un des dortoirs - © RADIO FRANCE / I.Labeyrie - L.GroutLire la suite de cet article sur France Info

mercredi, juin 17, 2009

Soumis à l’aide d’urgence, ils ne veulent pas être oubliés

© ÉDOUARD CURCHOD | ​Comme beaucoup d’autres, Djamel – il se sert ici à boire pour accompagner son sandwich – aimerait se préparer lui-même à manger pour être autonome. Une pétition exige la suspension de l’aide d’urgence. En marge de la Journée mondiale des réfugiés de samedi, reportage à l’EVAM de Vevey, l’un des deux foyers d’aide d’urgence du canton.

Toc, toc, toc! «Daddy, tu as de la visite!» Jusqu’au 1er janvier, le trentenaire originaire de la République démocratique du Congo n’aurait jamais pu être surpris par l’arrivée impromptue de visiteurs puisqu’il devait demander l’autorisation préalable d’accueillir des amis. Vendredi soir, c’est le collectif Droit de rester qui s’est invité dans sa chambre, à l’Etablissement vaudois d’accueil aux migrants (EVAM).

But de la manœuvre: une occupation pour dénoncer notamment la «détention semi-carcérale» à laquelle seraient soumis les bénéficiaires de l’aide d’urgence. Comprendre les requérants d’asile déboutés ou frappés de non-entrée en matière. Ils sont près de 650 dans le canton – une cinquantaine à Vevey, une centaine à Vennes et environ 500 en appartements.

Certains avaient une activité et un logement avant d’être transférés là. Désormais, la loi leur interdisant de travailler, ils partagent leur temps entre le baby-foot, le ping-pong et une seule télévision, source de bagarres autour des quatre chaînes disponibles.

Jarold, un Russe costaud de 34 ans, essaie de marcher une heure par jour. «Mais je suis déjà resté une semaine sans sortir de ma chambre. A cause du désespoir», dit-il. «C’est pire qu’en prison: là, ils ont la TV dans leur cellule avec le téléréseau et peuvent travailler», s’insurge Djamel. Cet Algérien de 29 ans regrette qu’on ne leur ait pas accordé un ballon de foot. «Ça coûte des millions», ironise Guillaume, du Burundi.

Ils veulent tous travailler
Hormis des petits regroupements autour de la table de ping-pong et de la TV, les longs couloirs du foyer sont vides. En début d’après-midi, quelques fumeurs sortent sur la terrasse donnant derrière les façades de l’avenue Général-Guisan. Le seul repas chaud est servi le soir. «C’est bon», estiment deux pensionnaires. La majorité amène son assiette dans sa chambre. Beaucoup voudraient se préparer eux-mêmes leur repas. Mais la loi le proscrit: l’aide d’urgence doit être donnée en nature.

Reste l’envie de rester en Suisse et d’être actifs: «Quand je passe devant le centre Midi-Coindet, je suis fier car j’y ai travaillé, déclare Daddy. Nous ne sommes pas des profiteurs.»


Un foyer sous surveillance

L’EVAM de Vevey n’est pas, il faut bien l’avouer, des plus accueillants: monte-charge en guise d’ascenseur, caméras devant l’entrée et à l’intérieur du foyer, porte métallique gardée par des agents de sécurité. Les visiteurs doivent laisser leur carte d’identité aux gardiens. Un panneau stipule que des contrôles peuvent être effectués à tout moment dans les chambres. Quant aux pensionnaires, ils laissent la clé de leur chambre à la réception à chacune de leur sortie. Contrairement à un hôtel, le nom et la photo des résidents figurent à côté des clés et des numéros de chambres.

Une sorte de prison, comme le dénoncent des militants? «Ils sont libres d’aller et venir, s’exclame Emmanuelle Marendaz-Colle, porte-parole de l’EVAM. Nous gardons les clés pour ne pas avoir à changer les serrures à chaque fois que quelqu’un quitte le foyer sans les avoir rendues.»

Selon elle, accuser l’EVAM est injuste: «Ces situations sont d’une telle précarité que tout leur devient insupportable. Mais ce ne sont pas les conditions d’hébergement qui sont dures. C’est le système et la loi votée par le peuple suisse.»

Le rapport annuel du HCR révèle que 42 millions de personnes sont déracinées dans le monde



Le nombre de personnes déracinées de force en raison des conflits et des persécutions dans le monde atteignait 42 millions à la fin de l'année dernière dans un contexte de net ralentissement des rapatriements et de conflits plus longs conduisant à des déplacements prolongés. Selon le rapport annuel « Global Trends » du HCR rendu public aujourd'hui, le total comprend 16 millions de réfugiés et de demandeurs d'asile et 26 millions de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays.

Le nouveau rapport indique que 80 % des réfugiés dans le monde se trouvent dans les pays en voie de développement, de même que la grande majorité des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays - une population que l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés prend de plus en plus en charge. Beaucoup sont déracinés depuis des années et aucune issue n'est en vue.

Bien que le nombre total de 42 millions de personnes déracinées à la fin de l'année représente une baisse d'environ 700 000 personnes par rapport à l'année précédente, les nouveaux déplacements en 2009 - qui ne figurent pas dans le rapport annuel - ont déjà plus que compensé cette diminution.

« En 2009, nous avons déjà connu d'importants nouveaux déplacements, en particulier au Pakistan, au Sri Lanka et en Somalie », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres. «Si certains déplacements sont de courte durée, d'autres peuvent prendre des années voire des décennies avant être résolus. Nous continuons à faire face à plusieurs situations de déplacement interne de plus long terme dans des endroits comme la Colombie, l'Iraq, la République démocratique du Congo et la Somalie. Chacun de ces conflits a également produit des réfugiés qui fuient au-delà de leurs propres frontières ».

Le rapport compte 29 groupes différents de 25 000 réfugiés ou plus dans 22 pays, exilés depuis cinq ans ou plus et pour lesquels il n'existe pas de solution immédiate en vue. Cela signifie qu'au moins 5,7 millions de réfugiés vivent dans l'oubli.

Environ 2 millions de réfugiés et de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (« personnes déplacées ») ont été en mesure de rentrer chez eux en 2008, en diminution par rapport à l'année précédente. Le rapatriement de réfugiés (604 000) a baissé de 17% tandis que les retours de personnes déplacées (1,4 millions) ont chuté de 34%. Solution durable pour les réfugiés traditionnellement la plus importante, le rapatriement représentait le score le plus bas depuis 15 ans. Cette baisse reflète en partie la détérioration des conditions sécuritaires, en particulier en Afghanistan et au Soudan.

« Cela montre que les mouvements de rapatriement à grande échelle observés dans le passé ont décéléré », indique le rapport, notant qu'environ 11 millions de réfugiés sont rentrés chez eux au cours des 10 dernières années - la plupart d'entre eux avec l'aide du HCR.

Le HCR a soumis la candidature de 121 000 personnes dans le cadre de la réinstallation dans des pays tiers en 2008 et plus de 67 000 se sont rendues dans leur nouvelle patrie avec l'aide de l'agence.

Sur le nombre total de personnes déracinées, le HCR s'occupe de 25 millions, dont un nombre record de 14,4 millions de personnes déplacées - contre 13,7 millions en 2007 - et 10,5 millions de réfugiés. Les 4,7 millions de réfugiés restant sont des Palestiniens sous le mandat de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.

Dans le cadre du processus récent de réforme humanitaire des Nations Unies, le HCR a été de plus en plus chargé d'apporter une aide aux personnes déplacées, ce qui s'ajoute à son mandat traditionnel de protection et d'assistance aux réfugiés ayant franchi des frontières internationales. Depuis 2005, l'agence a vu le nombre de personnes déplacées dont elle a la charge plus que doubler.

Selon l'Observatoire des situations de déplacements internes (IDMC), le nombre total de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays s'est maintenu à près de 26 millions au cours des deux dernières années. Aucune organisation n'en a à elle seule la responsabilité mais les Nations Unies ont introduit une « approche sectorielle » dans le cadre de laquelle, dans les situations de déplacement, les différentes organisations se voient attribuer des rôles en fonction de leur expertise. Pour le HCR, il s'agit de la coordination de la protection, de la gestion des camps et des abris.

« Le fait d'être contraint de fuir votre foyer en raison des conflits ou des persécutions constitue une tragédie, que vous ayez franchi une frontière internationale ou pas », a déclaré António Guterres. « Aujourd'hui, nous sommes confrontés à une série de conflits internes incessants qui génèrent des millions de personnes déracinées. Le HCR s'engage à coopérer avec l'équipe des Nations Unies et l'ensemble de la communauté humanitaire afin de fournir aux personnes déplacées l'aide dont elles ont besoin, de la même manière que nous le faisons pour les réfugiés ».

La Colombie accueille l'une des populations de personnes déplacées les plus importantes dans le monde, soit environ 3 millions selon les estimations. L'Iraq accueillait quelque 2,6 millions de personnes déplacées fin 2008 - dont 1,4 millions ont été déplacées au cours des trois dernières années seulement. Il existe plus de 2 millions de personnes déplacées dans la région du Darfour au Soudan. Le regain des conflits armés dans l'est de la République démocratique du Congo et en Somalie l'année dernière a conduit à un déplacement total de respectivement 1,5 millions et 1,3 millions de personnes dans chacun des deux pays. Le Kenya a connu de nouveaux déplacements internes massifs au début de l'année, tandis que le conflit armé en Géorgie a contraint 135 000 personnes supplémentaires à fuir leur foyer. D'autres augmentations dans les déplacements en 2008 ont eu lieu en Afghanistan, au Pakistan, au Sri Lanka et au Yémen.

L'année dernière, la population de réfugiés relevant de la compétence du HCR a diminué pour la première fois depuis 2006 en raison des rapatriements librement consentis et de la révision à la baisse des estimations du nombre de réfugiés et de personnes dans des « situations similaires aux réfugiés » en Iraq et en Colombie. Le nombre de réfugiés en 2008 s'élevait à 10,5 millions, contre 11,4 millions en 2007. Le nombre de demandeurs d'asile déposant une demande d'asile à titre individuel a cependant augmenté pour la seconde année pour atteindre 839 000, soit une augmentation de 28%. L'Afrique du Sud (207 000 personnes) a été le pays recevant le plus de demandes individuelles, suivi par les Etats-Unis (49 000, selon les estimations du HCR), la France (35 000) et le Soudan (35 100).

Les pays en voie de développement ont accueillis 80% de tous les réfugiés, ce qui souligne la charge disproportionnée assumée par ceux qui en ont le moins la capacité ainsi que le besoin de soutien international. Parmi les principaux pays d'accueil de réfugiés en 2008, on trouve le Pakistan (1,8 millions), la Syrie (1,1 millions), l'Iran (980 000), l'Allemagne (582 700), la Jordanie (500 400), le Tchad (330 500), la Tanzanie (321 900) et le Kenya (320,600). Les principaux pays d'origine étaient l'Afghanistan (2,8 millions) et l'Iraq (1,9 millions), qui représentent à eux deux 45% de tous les réfugiés relevant de la responsabilité du HCR. Parmi les autres pays d'origine, on trouve la Somalie (561 000), le Soudan (419 000), la Colombie, qui inclut des personnes dans des situations similaires aux réfugiés (374 000) et la République démocratique du Congo (368 000).

Guide juridique discrimination raciale

Service de lutte contre le racisme

Dernières nouvelles

Le nouveau guide juridique est là !

Le Guide juridique discrimination raciale publié par le Service de lutte contre le racisme présente les différentes possibilités d'intervention juridique en cas de discrimination dans les activités quotidiennes.


Pour télécharger online : Type: PDF
Guide juridique discrimination raciale


Communiqué de presse

Recourir aux voies de droit pour lutter contre la discrimination raciale

Berne, 16.06.2009 - Le nouveau guide juridique publié par le Service de lutte contre le racisme (SLR) montre quand et comment recourir au droit pour lutter contre la discrimination raciale, tout en soulignant les limites des voies de droit.

La prévention, la médiation, la sensibilisation et les autres formes d'intervention non juridiques revêtent une grande importance au regard de la lutte contre la discrimination, mais il ne faut pas négliger le recours au droit. Il est en effet souvent le moyen le plus efficace non seulement pour se défendre contre la discrimination, mais aussi pour induire des changements, à condition d'être utilisé à bon escient. A côté de l'interdiction de discrimination raciale inscrite dans le code pénal (261bis CP), il existe un grand nombre de normes et de dispositions auxquelles on peut recourir.

Les victimes de racisme et les services de consultation trouveront dans ce guide des conseils pratiques pour se défendre contre la discrimination raciale dans les domaines de la vie quotidienne comme la recherche de logement, à l'école, dans la famille, sur le marché du travail, dans les contacts avec les autorités.

Le guide juridique est le fruit de plusieurs années de collaboration entre le Service de lutte contre le racisme, la Commission fédérale contre le racisme (www.ekr.admin.ch) et l'association Humanrights.ch/MERS (www.humanrights.ch).

Pour transposer la théorie dans la pratique, la publication est accompagnée de cours de formation continue. Pour plus de détails, veuillez vous adresser au Service de lutte contre le racisme.

Le guide juridique peut être commandé auprès du Service de lutte contre le racisme et télécharger directement sur le site Internet: www.edi.admin.ch/ara

mardi, juin 16, 2009

Pour dénoncer l'aide d'urgence, ils occupent un centre de requérants

Jura: Les requérants arriveront dans un mois

Les requérants arriveront dans un mois

FERME MATILE
FERME MATILE Les requérants d'asile prendront leurs quartiers à Fontainemelon entre mi-juillet et mi-août. (RICHARD LEUENBERGER)

L'ouverture du centre de demandeurs d'asile de Fontainemelon aura finalement lieu entre mi-juillet et mi-août. Conformément au bail signé avec la commune suite à l'accord du Conseil général, l'Etat de Neuchâtel louera bel et bien la ferme Matile dès le 1er juillet, mais il veut se donner un peu de temps pour organiser l'accueil et l'encadrement de ces hôtes.

«Ce qui est prioritaire pour nous, davantage que le délai, c'est de bien préparer les conditions d'entrée des requérants, afin que leur prise en charge se passe au mieux», explique Thierry Müller, chef de l'Office social de l'asile.

Le bâtiment est quasi opérationnel, mais l'Etat a encore besoin d'un délai pour engager l'équipe qui le gérera. Plusieurs postes ont été mis au concours, dont un intendant, deux veilleurs, deux enseignants à 50%, un collaborateur social et un secrétaire comptable.

Parallèlement, il s'agira de planifier l'installation des requérants d'asile et la répartition des 80 lits. Il ne s'agira pas simplement d'un transfert des actuels occupants - surtout de jeunes hommes frappés de décisions de non-entrée en matière ou de renvoi - de l'abri souterrain des Hauts-Geneveys, dont le bail a été résilié pour le 31 août. Pour répondre aux conditions posées par la commune de Fontainemelon, la ferme Matile sera un endroit mixte, où seront notamment déplacées des familles hébergées aujourd'hui au centre d'accueil de Couvet. /axb

Dernière mise à jour : 16.06.09 | 09:00

L'EVAM une citadelle au Département de l'intérieur

L'EVAM, une citadelle au département de l'Intérieur?
Publié dans droit-de-rester

Pétition contre l'aide d'urgence