samedi, mars 21, 2009

Le racisme des jeunes déstabilise les enseignants et les travailleurs sociaux

BENOÎT PERRIER
SOCIÉTÉ - Comment les professionnels gèrent-ils l'incident raciste? Une recherche originale de la Haute Ecole de travail social, qui mêle recherche, formation et dialogue, donne des réponses.
Pour gérer les situations qui impliquent jeunesse et racisme, nous faisons confiance aux enseignants et aux travailleurs sociaux. Mais quels outils ont-ils, quelles représentations? Quels incidents rencontrent-ils? Une publication de la Haute Ecole de travail social (HETS) éclaire le sujet et bouscule les préjugés[1].
L'ouvrage insiste sur la diversité des formes que prend le racisme dans le contexte de la jeunesse. Il donne des exemples précis, tous vécus par des professionnels qui ont participé à l'étude.
Comment réagir, par exemple, face à un contrôle au faciès opéré sur l'un de ses élèves? A l'inverse, quid du travailleur social, suisse à la peau foncée, questionné par la police devant les jeunes dont il s'occupe? Que dire à un enfant de 7 ans qui dessine des croix gammées, et à un adolescent qui porte un T-shirt de Mussolini?
Que faire de la réaction sexiste d'un père, membre d'une communauté étrangère? Comment réagir enfin, si soi-même on est traité de raciste?
Le rapport insiste sur ce dernier point. Il montre que le terme «racisme» est banalisé et de plus en plus utilisé par les jeunes pour choquer les professionnels. Ces derniers affrontent avec difficulté ce procédé.
Tous les exemples évoqués sont réels, observés à Genève. Ils ont été détaillés par des travailleurs sociaux ou des enseignants. Dans tous les cas, trouver la bonne réponse, la bonne attitude est difficile.


Une méthode originale

L'étude insiste sur l'impact émotionnel de ces situations: les professionnels ressentent une révolte aiguë ou, à l'inverse, restent paralysés. Ils évoquent aussi un manque d'outils et ont peur d'une réaction épidermique, qu'ils considèrent comme non professionnelle.
Ces situations forment le coeur de l'ouvrage L'incident raciste au quotidien. Celui-ci donne les résultats d'une recherche débutée en 2004 et soutenue par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS). Sa méthode est originale, un hybride qui mêle recherche, formation et dialogue.
Dans sept groupes de travailleurs sociaux et d'enseignants, chaque membre a rédigé le récit d'une situation où il a été confronté au racisme. Le groupe et les chercheurs ont ensuite échangé sur le résultat. «Une dynamique de coconstruction», explique l'un des auteurs, Laurent Wicht, de la HETS.
Dans les témoignages, il ressort qu'il est difficile de s'avouer désarmé face à un incident raciste, une tension que dissipe la prise de parole dans le groupe. De même, il en coûte aux professionnels d'admettre qu'ils n'ont pas une position claire sur les questions de multiculturalité.


Un questionnement biaisé

Dans l'exemple de la confrontation avec le parent d'élève sexiste, la travailleuse sociale se demande d'abord si une telle attitude «fait partie de la culture» du migrant. Les chercheurs démontent avec subtilité les prémisses biaisées d'un tel questionnement, basé sur une opposition Suisse-étranger. Ce faisant, ils montrent aussi la difficulté de mener de telles réflexions seul et sur l'instant.
Des ressources et des outils existent cependant, et les auteurs les ont rassemblés. Chaque cas est ainsi conclu par une liste utile de références, qu'il s'agisse des lois concernées, de publications scientifiques ou de matériel à utiliser sur le terrain.
Le livre propose finalement des pistes directes. Il souligne qu'il est possible – voire souhaitable dans certains cas – de réagir «à froid», après l'incident. De même, réagir instantanément de manière adéquate n'est pas forcément un enjeu. Décentrer le débat peut aussi être bénéfique. Tout en prenant soin des victimes, il est, selon les cas, plus fructueux de concentrer son attention sur les témoins de l'incident, plutôt que sur son responsable.
L'incident raciste au quotidien est passionnant et très lisible. Surtout, il suscite la réflexion. Laurent Wicht affirme ainsi qu'il ne s'agit pas de «proposer des recettes», mais bien de suggérer les bonnes questions à se poser.
L'un des points fondamentaux de l'ouvrage est que, dans la même situation, la même personne peut être tour à tour victime, agresseur ou témoin. Doris Angst, directrice de la commission fédérale contre le racisme, rebondit sur ce constat dans sa préface. Elle propose ainsi d'aborder «le problème avec une attitude plus naturelle», en admettant ces multiples rôles. Monique Eckmann, auteure et professeure à la HETS, préci se que ce n'est pas de baisser les bras mais bien reconnaître la présence du racisme, pour trouver les moyens de le contrer.
Elle insiste également sur la nécessité d'échanges entre les professionnels – «l'une de nos conclusions principales». Face à un fort sentiment de solitude observé chez les enseignants, de tels groupes permettent aux acteurs de dessiner des solutions. I
Note : [1]L'incident raciste au quotidien: représentations, dilemmes et interventions des travailleurs sociaux et des enseignants. Eckmann et al., ies éditions, 2009.

Forte baisse des demandeurs d'asile en Suède en 2008



Stockholm - Le nombre de demandeurs d'asile en Suède, Irakiens en tête, a fortement baissé l'année dernière (-33%), en raison du durcissement récent de la politique d'immigration, selon des chiffres publiés vendredi par l'Office national de la statistique (SCB).


 "Au cours de 2008, 24.342 personnes ont demandé l'asile en Suède, soit une baisse de 11.865 demandes comparé à 2007", 
précise SCB dans un communiqué. Deux tiers des demandeurs sont des hommes et un tiers des femmes, une proportion habituelle 
depuis 2000, ajoute la même source.


Une centaine de nationalités a été répertoriée parmi ces requérants mais les Irakiens constituent une nouvelle fois le groupe le plus important des demandeurs d'asile -- un quart des demandes --, relève SCB. L'Office note toutefois que le nombre de demandeurs d'asile irakiens a lui aussi fortement chuté.


"Les Irakiens représentaient plus de la moitié des demandes en 2007", rappelle-t-il ainsi. SCB ajoute que les Somaliens étaient le deuxième groupe plus important l'année dernière (14% des demandes).

vendredi, mars 20, 2009

Pratiques douteuses envers les Roms

LE MARIAGE: MACHINE À EXPULSER?

LE MARIAGE: MACHINE À EXPULSER?

Paru le Vendredi 20 Mars 2009 
   ANNE-CATHERINE MENÉTREY-SAVARY*    

ContrechampSUISSE - La loi sur les étrangers, encore durcie depuis janvier 2008, ne fait pas la vie belle aux couples binationaux. Sous couvert de lutte contre les mariages «abusifs», le Conseil national vient de faire un pas de plus, renvoyant les unions impliquant des migrants en situation irrégulière au rang de «mission impossible». 
Qu'on se marie par passion, par convenance sociale ou par intérêt matériel, jusqu'ici le code civil suisse ne s'est jamais préoccupé de faire le tri entre les «bons» et les «mauvais» motifs. Même sur son lit de mort, une personne a le droit de célébrer son union avec son ou sa partenaire, même si tout le monde comprend que c'est la perspective de l'héritage qui prend la première place dans ce projet. Il en va désormais tout autrement pour les migrants. Leurs projets de mariage sont a priori considérés comme suspects, et affublés de toutes sortes de désignations: mariages blancs, mariages fictifs, mariages abusifs, mariages de complaisance, mariages arrangés, mariages forcés... Personne ne sait précisément ce que ces termes recouvrent et en quoi ils se différencient, mais qu'importe. Nombreux sont ceux qui s'acharnent à vouloir les empêcher. Au Parlement, on brandit des chiffres: 18 000 mariages binationaux en 2004, dont 500 à 1000 considérés comme «fictifs», à savoir qu'ils sont supposés ne viser qu'un seul but: une autorisation de séjour. 
Ce chiffre, purement spéculatif, suffit à mettre en place toute une batterie de mesures qui transforment tous les mariages binationaux en course d'obstacles. Mais jusqu'ici, en s'armant de patience, en bénéficiant de l'appui vigoureux d'un avocat ou d'une oeuvre d'entraide, et en disposant de moyens financiers suffisants, on finissait par convoler... 
Depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les étrangers, la situation s'est singulièrement compliquée. Dès le 1er janvier 2008, les officiers d'Etat civil ont la compétence de refuser l'union conjugale quand ils estiment qu'elle n'a pour but que d'éluder les exigences de la loi sur les étrangers.1 Ils peuvent également l'annuler après coup, pour les mêmes raisons, même longtemps après sa célébration. Or avant même de laisser à cette loi le temps de produire ses effets, voilà que le Conseil national vient de décider2 deux mesures encore bien plus radicales: il n'y aura plus de mariage possible pour ceux qui ne disposent pas d'une autorisation de séjour en bonne et due forme; et il y aura dénonciation automatique aux autorités de police de ceux qui se s'engagent tout de même dans cette procédure. La petite porte par laquelle il était encore possible de se faufiler quand on était Sans papiers, NEM3, ou requérant débouté se referme avec un claquement sec. 
Vous avez dit «mariages fictifs»? En quoi donc consiste cette «fiction»? Admettons que certains cas sont clairs: quand les fiancés se rencontrent pour la première fois dans la salle des mariages et qu'une coquette somme d'argent a été posée sur la table, l'affaire ne fait guère de doute: c'est un abus qu'il faut sanctionner. Combien y a-t-il de cas de ce genre? Nul ne le sait. Dans l'immense majorité des cas, même parmi les mariages considérés potentiellement comme «abusifs», la situation est tout autre. D'abord parce que l'amour qui unit les couples, la plupart du temps, n'a rien de fictif, surtout quand, de cette prétendue fiction, naissent des enfants totalement réels et désirés. Des naissances ont lieu même après de mariages qualifiés de «blancs», qui ont pourtant été consommés. Hélas, l'autorité de police ne s'arrête pas à ce détail! Au début 2007, par exemple, un requérant d'asile afghan a été expulsé parce que son désir d'enfant n'avait, selon l'autorité de police, pas d'autre but que de lui assurer un titre de séjour en Suisse. Il était, en quelque sorte un père «fictif»! 
Quand on s'aime et qu'on est en situation irrégulière en Suisse, pourquoi diable veut-on se marier, alors qu'on pourrait vivre en concubinage, comme le font tant de Suissesses et de Suisses? Précisément pour donner plus de stabilité à cette union, et ne pas vivre constamment dans l'angoisse d'un renvoi, surtout lorsqu'il y a des enfants. Vouloir régulariser sa situation en fondant une famille, en quoi est-ce répréhensible? C'est un droit explicitement reconnu par notre Constitution fédérale (art. 14) et par la Convention européenne des droits humains (CEDH, art. 8)4. On voit mal en quoi ce désir pourrait mettre en danger la sécurité de l'Etat, pour reprendre les termes par lesquels le législateur justifie l'atteinte portée à un droit fondamental. 
Or comme le relève la juriste Marie-Laure Papaux van Delden, «la réglementation du droit au mariage ne doit pas porter atteinte à l'essence même de ce droit, limite au-delà de laquelle aucune justification n'est recevable»5. De plus, imposer ces restrictions à une seule catégorie de la population, les migrants en situation précaire, est une inégalité de traitement et une discrimination. 
Faux! répondent les autorités fédérales, parce qu'il sera malgré tout possible de se marier, même sans autorisation de séjour en Suisse. Reste à savoir comment s'y prendre! 
En fait, pour faire valoir son droit constitutionnel au mariage quand on n'a pas de permis de séjour, il restera théoriquement deux possibilités: ou bien se marier à l'étranger et demander ensuite le regroupement familial, ou bien aller chercher dans son pays d'origine les documents nécessaires, ainsi qu'un visa pour revenir légalement se marier en Suisse. S'ils avaient exploré ces deux pistes, les partisans de ces nouvelles dispositions auraient pu constater qu'elles sont pratiquement sans issue. Nombreux sont les requérants déboutés ou les NEM qui ne peuvent tout simplement pas retourner chez eux, ni pour s'y marier, ni pour aller chercher un visa. Pour eux, l'interdiction de mariage est sans appel. C'est une violation manifeste d'un droit fondamental. 
Quant aux travailleurs sans statut légal, ils ont, eux, en principe, la possibilité de retourner dans leur pays pour entreprendre les démarches, pour autant qu'ils n'aient pas donné à l'Etat civil l'occasion de les dénoncer pour séjour illégal, auquel cas ils risquent d'être frappés d'une interdiction d'entrée en Suisse. Même sans cela, ils n'obtiennent pas facilement le visa pour revenir, en vertu de la nouvelle loi sur les étrangers (LEtr). La Plate-forme pour les Sans papiers6 a reçu de nombreux témoignages de couples en butte à des tracasseries monumentales pour obtenir ces précieux documents: ambassades inaccessibles, documents quasi impossibles à obtenir ou déclarés faux, mariages non enregistrés, reconnaissance en paternité refusée. 
Le coût de ce parcours du combattant se chiffre en milliers de francs, et l'attente est de plusieurs mois, voire d'années. Quant au regroupement familial, il n'est pas autorisé si le conjoint resté en Suisse n'a pas, à lui seul, les moyens matériels (salaire, logement) pour assurer l'autonomie financière de la famille, alors que celle-ci était auparavant assurée par le salaire des deux partenaires. 
Comment 104 conseillères et conseillers nationaux, et avant eux 21 cantons qui ont participé à la procédure de consultation, ont-ils pu s'engager tête baissée dans une voie aussi manifestement contraire aux droits fondamentaux? Si encore c'était pour protéger la noblesse et la pureté de l'institution du mariage, pour les Suisses comme pour les migrants, on pourrait à la rigueur comprendre. Mais non! Le harcèlement des couples binationaux n'a rien à voir avec la protection de la famille. Au contraire. 
En faisant du mariage un outil aux mains des autorités de police des étrangers pour débusquer les clandestins et chasser ceux dont la demande d'asile est refusée, en décrétant arbitrairement que le simple fait de ne pas disposer d'un permis de séjour est l'indice d'un mariage de complaisance, on brise des vies, on enlève aux enfants l'un ou l'autre de leurs parents et on précarise encore un peu plus les familles. Même le parti (le Parti démocrate chrétien, ndlr) qui se veut le champion de la famille vote cela sans broncher. 
Pour quelques mariages «blancs» réellement répréhensibles, qu'on a déjà les moyens de combattre, on s'apprête à punir collectivement tous les couples binationaux. Ne pas tenir compte de la présence des enfants, les priver de leur relation avec leur père comme s'il n'était que quantité négligeable, abolir la présomption de filiation, c'est violer gravement la Convention de l'ONU pour les droits de l'enfant. Que tous ceux qui s'accommodent de ces mesures parce qu'elles correspondent à la sévérité voulue à l'encontre des étrangers ouvrent les yeux et réalisent qu'elles atteignent aussi des Suissesses et des Suisses, dont de nombreux enfants. Il est encore temps de revenir en arrière pour corriger ce dramatique déni d'humanité! I * ancienne conseillère nationale, ancienne présidente de la Plate-forme pour les sans-papiers. 
1 Code civil suisse: nouvel article: «97a: L'officier de l'Etat civil refuse son concours lorsque l'un des fiancés ne veut manifestement pas fonder une communauté conjugale mais éluder les dispositions sur l'admission et le séjour des étrangers.» 
2 Modification du code civil sur la base de l'initiative parlementaire Toni Brunner (UDC), décidée le 4 mars 2009 par le Conseil national par 104 voix contre 68: «Art. 98, al. 4 (nouveau): Les fiancés qui ne sont pas citoyens suisses doivent établir la légalité de leur séjour en Suisse au cours de la procédure préparatoire.»; «Art. 99, al. 4 (nouveau): L'office de l'Etat civil communique à l'autorité compétente l'identité des fiancés qui n'ont pas établi la légalité de leur séjour en Suisse.» Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. 
3 NEM: requérants d'asile dont la demande a reçu une non-entrée en matière. 
4 Constitution fédérale: «Art. 14: Le droit au mariage et à la famille est garanti.» 
Convention européenne des droits de l'homme (CEDH): Article 8 – Droit au respect de la vie privée et familiale: «1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.»; «2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.» 
5 Cf. article 36 al. 4 de la CF. Citation de l'article de la Prof. Dr. jur. Marie-Laure Papaux van Delden: «Mariages fictifs» in Jusletter, octobre 2007. Dans sa conclusion, l'auteur estime qu' «il n'est pas certain qu'un obstacle définitif fondé sur les «mauvaises» intentions matrimoniales supposées ou irréfragablement déduites de l'absence d'un titre de séjour valable en Suisse des fiancés, puisse trouver grâce devant cette instance [Cour européenne des droits de l'homme] au regard des articles 12,8 et 14 CEDH». 
6 Plate-forme suisse pour les sans-papiers, créée en 2002, regroupant des représentants des Eglises, des syndicats, des oeuvres d'entraide et des parlementaires. Plattform-sanspapiers@bluewin.ch 
Note : * ancienne conseillère nationale, ancienne présidente de la Plate-forme pour les sans-papiers. 
1 Code civil suisse: nouvel article: «97a: L'officier de l'Etat civil refuse son concours lorsque l'un des fiancés ne veut manifestement pas fonder une communauté conjugale mais éluder les dispositions sur l'admission et le séjour des étrangers.» 
2 Modification du code civil sur la base de l'initiative parlementaire Toni Brunner (UDC), décidée le 4 mars 2009 par le Conseil national par 104 voix contre 68: «Art. 98, al. 4 (nouveau): Les fiancés qui ne sont pas citoyens suisses doivent établir la légalité de leur séjour en Suisse au cours de la procédure préparatoire.»; «Art. 99, al. 4 (nouveau): L'office de l'Etat civil communique à l'autorité compétente l'identité des fiancés qui n'ont pas établi la légalité de leur séjour en Suisse.» Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. 
3 NEM: requérants d'asile dont la demande a reçu une non-entrée en matière. 
4 Constitution fédérale: «Art. 14: Le droit au mariage et à la famille est garanti.» 
Convention européenne des droits de l'homme (CEDH): Article 8 – Droit au respect de la vie privée et familiale: «1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.»; «2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.» 
5 Cf. article 36 al. 4 de la CF. Citation de l'article de la Prof. Dr. jur. Marie-Laure Papaux van Delden: «Mariages fictifs» in Jusletter, octobre 2007. Dans sa conclusion, l'auteur estime qu' «il n'est pas certain qu'un obstacle définitif fondé sur les «mauvaises» intentions matrimoniales supposées ou irréfragablement déduites de l'absence d'un titre de séjour valable en Suisse des fiancés, puisse trouver grâce devant cette instance [Cour européenne des droits de l'homme] au regard des articles 12,8 et 14 CEDH». 
6 Plate-forme suisse pour les sans-papiers, créée en 2002, regroupant des représentants des Eglises, des syndicats, des oeuvres d'entraide et des parlementaires. Plattform-sanspapiers@bluewin.ch



article

DES CAS CONCRETS

   ACMS    



Parcours de combattant-e-s

Les impacts de la législation suisse en matière de droits matrimoniaux réservés aux couples binationaux sont multiples. Un imbroglio de procédures juridico-administratives plonge des individus et des familles dans des situations inextricables, comme en témoignent les exemples recensés ci-dessous. (Réd.) 
> Expulsion vers la Guinée: I. est un requérant d'asile débouté qui vit avec A., bénéficiaire d'un permis d'établissement, enceinte de leur deuxième enfant. Alors que des démarches pour un mariage sont en cours, I. est placé en détention en vue de renvoi. Son avocat demande un réexamen sur la base du respect de la vie de famille selon l'art. 8 de la CEDH. I. ne recevra aucune réponse à cette requête et il est expulsé par un vol spécial vers la Guinée le 25 mars 2008. (Témoignage reçu par l'Observatoire du droit d'asile, Berne).
> Autorisation de mariage révoquée: Le 7 janvier 2007, la surveillance de l'état civil de N. a délivré une autorisation de célébrer le mariage. Par courrier du 16 janvier 2008, le service de la population et des migrants du canton de F. a informé (...) que la fiancée était officiellement entrée en Suisse dans le cadre d'un permis L et qu'un délai échéant au 15 novembre 2007 a été imparti à cette dernière ainsi qu'à sa fille pour quitter la Suisse. (...) L'autorisation de célébrer le mariage [prévu pour le 13 février 2008] est révoquée (...) un éventuel recours n'aura pas d'effet suspensif». (Lettre-décision de la surveillance de l'état civil de N., transmise à la Plate-forme pour les Sans papiers). 
> Blocage à l'ambassade: Une femme afghane demande un visa d'entrée en Suisse après son mariage avec un Suisse. L'ambassade suisse la plus proche se trouve au Pakistan. Pour s'y rendre, elle doit d'abord demander un visa pour le Pakistan. Après plusieurs jours de voyage, l'ambassade la renvoie en Afghanistan pour faire authentifier certains documents. Retour à l'ambassade qui lui demande de revenir dans un mois chercher le visa. Quand elle revient, on lui apprend que le visa a été accordé mais qu'il est échu depuis un jour et le personnel de l'ambassade refuse d'en faire un nouveau. Il faut l'intervention d'un avocat pour débloquer ce cas, après un an et demi de démarches. (Témoignage reçu par la Plate-forme pour les Sans papiers). ACMS


Eric Stauffer veut engager l'armée contre les SDF étrangers


Le patron du Mouvement citoyens genevois, Eric Stauffer, veut parquer les SDF étrangers dans une caserne militaire.

Gaëlle Cajeux - le 19 mars 2009, 22h50
Le Matin

43 commentaires

Nouvel épisode scabreux dans la saga d'Eric Stauffer. Le président du Mouvement citoyens genevois (MCG), connu comme le trublion de la politique genevoise - fin 2008, notamment, il faisait pleurer la présidente du Grand Conseil - a déposé mardi une motion qui sent le soufre. Selon ses termes, le MCG propose de «parquer les SDF étrangers en situation irrégulière durant la nuit dans la caserne des Vernets avec l'aide de l'armée». Quant aux SDF suisses, il leur réserve les logements adaptés et l'aide des services sociaux.

Le spectre de l'histoire
Cette distinction, cette discrimination a fait frémir le journaliste Pascal Décaillet qui réagissait, hier, dans la Tribune de Genève. «La dernière motion du MCG trempe sa plume dans l'encre la plus noire. Celle d'une Histoire qu'on espérait abolie. (...) On crée un apartheid, écrivait-il. Et d'ajouter. L'eau vive de cette motion, c'est l'eau de Vichy.» Le maire de Genève, Manuel Tornare, exprime la même inquiétude. «Il veut quoi, que l'on mette des étoiles sur la poitrine de ces gens pour les différencier?» Eric Stauffer rétorque, sûr de lui: «Il ne faut pas tout mélanger, rationalité, religion, j'en passe et des meilleures. C'est à côté de la plaque. Nous parlons de gens qui sont en situation régulière ou non régulière, qui ont une attitude normale ou criminelle.»

Criminel. Le mot est lâché. Pour le MCG, les sans domicile fixe - ils sont environ deux cents à Genève, selon le Service social - représentent une population «particulièrement active dans la criminalité urbaine», dont «une très grande partie est composée de toxicomanes et de dealers». C'est en insistant sur cet argument qu'Eric Stauffer entend fermer l'abri PCi situé sous l'école des Vollandes (quartier des Eaux-Vives), qui accueille une centaine de SDF chaque nuit. Selon lui, cet accueil se fait «au détriment de la tranquillité et de la sécurité des citoyens. Il y a des bagarres, on retrouve des seringues... Les habitants n'en peuvent plus.»

«C'est du délire! On rêve! s'emporte Manuel Tornare. Manifestement, Eric Stauffer ne connaît pas le dossier.» Adjoint de direction au Service social de la Ville de Genève, Philippe Bossy explique: «Depuis deux ans, nous avons mis en place un partenariat entre l'école, le Service social, les forces de l'ordre et nous n'avons plus de doléances.» Même s'il reconnaît qu'une part de la population SDF a une activité délinquante, il souligne que le lien entre SDF et criminalité n'est pas pertinent. Ce que soutient également Véronique Pürro, députée socialiste au Grand Conseil. «Il se trouve que j'habite à 50?m de l'abri et je peux vous assurer que je n'ai jamais été en situation d'insécurité. Faire cet amalgame, c'est vraiment utiliser les plus démunis de manière scandaleuse. C'est nauséabond!»

Les parquer avant de les expulser
Le plan du MCG va plus loin. S'il prévoit de «parquer» les sans-domicile-fixe en situation irrégulière à la caserne des Vernets, c'est dans le but avoué de «trouver une solution afin de les expulser». «C'est de la récupération politicienne», s'étrangle Véronique Pürro. «Il y a des échéances électorales en automne, rappelle Manuel Tornare. Il semble que tout soit permis... Mais je trouve que, là, Eric Stauffer dérape.»

Genève et Carouge ouvrent deux abris pour les requérants d'asile


Les Villes de Genève et de Carouge mettent à disposition de l'Hospice général deux abris de protection civile pour faire face à l'afflux important de requérants d'asile. Une centaine de migrants y seront hébergés durant quelques mois.

L'Hospice général a reçu en moyenne 126 personnes par mois, de septembre 2008 à février 2009, soit plus du double qu'un an auparavant (60 par mois). L'aménagement de dortoirs et une meilleure utilisation du dispositif existant ont permis la création de 85 places d'hébergement en foyers.

Néanmoins, les centres collectifs arrivent à saturation. L'ouverture d'abris de protection civile s'avère nécessaire pour une période de transition, relève l'institution chargée de l'accueil des requérants d'asile dans le canton.

Les abris PC mis à disposition par les Villes de Genève et Carouge hébergeront des requérants déboutés ou frappés d'une décision de non entrée en matière (NEM), conformément à un arrêté récent du Conseil d'Etat. Leur séjour en Suisse ne devrait pas excéder quelques mois.

Les abris seront ouverts 24 heures sur 24. Des collaborateurs de l'Hospice général seront présents de 8h00 à 20h00 du lundi au vendredi et le samedi matin. Des intendants assureront la gestion du lieu et veilleront au respect des règles de vie commune.

La sécurité sera garantie par une présence permanente d'agents de sécurité privée et au moyen d'une collaboration étroite entre l'Hospice général et les forces de l'ordre. Les habitants des quartiers concernés bénéficieront d'une information spécifique.

Rejeté de Grande-Bretagne, abattu au Darfour

L'assassinat d'un réfugié darfouri expulsé par les Britanniques relance le débat sur les demandeurs d'asile et la situation dramatique dans cette partie de l'Afrique.

Une manifestation de réfugiés darfouris devant l'ambassade du Soudan à Londres (DR)Adam Osman Mohammed, 32 ans, a été abattu chez lui devant sa femme et son fils de 4 ans quelques jours après son arrivée dans son village, dans le sud du Darfour. Des agents l'avaient pris en filature depuis Khartoum. Cette affaire devrait être utilisée par les défenseurs du droit d'asile qui s'opposent au souhait du ministère de l'Intérieur britannique de faire lever l'interdiction de renvoyer au Soudan les personnes dont la demande d'asile a été rejetée. Les avocats du gouvernement s'apprêtent en effet à plaider en faveur du renvoi de quelque 3 000 personnes à Khartoum. 
Les partisans du droit d'asile rappellent qu'Adam Osman Mohammed, un Darfouri non arabe, était venu en Grande-Bretagne pour échapper aux persécutions au Soudan. Le village où il était agriculteur avait été attaqué deux fois par les janjawids, les milices arabes, et il avait dû s'enfuir avec sa famille. Séparé de sa femme lors de la deuxième attaque sur le village, il avait fui au Tchad avant de gagner la Grande-Bretagne en 2005.

Lire la suite dans le Courrier International

jeudi, mars 19, 2009

Film sur l'occupation de la Prediger Kirche à Zurich

Le 19 décembre 2008, 150 sans-papiers et un groupe d'activistes solidaires ont occupés plus de deux semaines l'église "prediger" à zurich. ils revendiquaient une mise en pratique plus humaine des réglementations des cas de rigueur, le retrait de l'interdiction du travail pour les personnes avec un demande d'asile rejetée ainsi que la régularisation du permis de séjour pour tous les sans-papiers.
  
depuis l'année 2007, plusieurs durcissements de lois, concernant le droit d'asile suisse, sont entrés en vigueur. ainsi tous les demandeurs d'asiles rejetés peuvent être exclus de l'aide sociale. ils n'ont plus que le droit à une aide d'urgence. les cantons sont responsables pour l'application, l'ampleur ainsi que la forme. les personnes concernées dans le canton de zurich doivent se débrouiller avec 60 francs suisse par semaine, distribués en forme de bon d'achat du supermarché migros. certaines sont mêmes obligées de changer de foyer chaque semaine.

aucune grâce n'est faite concernant la politique des cas de rigueur à zurich. la réglementation des cas de rigueur permet aux personnes faites-illégales, séjournant depuis au moins cinq ans en suisse et qui se sont "très bien intégrées", de faire une demande d'autorisation de séjour. les instances officielles du département de migration de chaque canton vérifient les dossiers et peuvent les transmettre à l'office fédéral des migrations (ODM). le canton zurich est très exigeant en ce qui concerne les critères de règlementation de cas de rigueur et n'a transmis en 2008 aucun dossier au ODM.
  
dans le cadre de la campagne "bleiberecht für alle!" ("droit de rester pour tou-te-s!") une église à zurich a déjà été occupée en 2007. l'année dernière il y a eu de nombreuses actions de protestations. mais comme la politique d'asile du canton de zurich n'a pas changé, les activistes ont pris la décision d'occuper l'aglise prediger fin 2008.

le film retrace l'occupation de l'église et donne la parole aux sans-papiers ainsi qu'aux activistes du comité bleiberecht de zurich. ceux-ci expliquent les problèmes existants, leurs souhaits et différents aspects et détails de l'occupation. ils commentent les discussions menées avec le bureau de migration du canton zurich et portent un jugement sur les résultats politiques.

le film d'une durée de 30 minutes est le résultat d'un travail commun, réalisé par divers vidéos-activistes de a-films,bleiberecht bernebleiberecht zurich et solidarité sans frontières.
vous pouvez télécharger le film ici (.mpeg/706mb) et ici (.mov/358mb). vous pouvez aussi le visionner ici (partie1/2/3) sur youtube ou sur le lien suivant.

Les racistes c'est des tricheurs

Burkina, Kosovo, Serbie, pays «sûrs»


A partir du 1er avril, la Suisse n'entrera plus en matière sur les demandes d'asile déposées par des ressortissants du Burkina Faso, du Kosovo et de Serbie, sauf s'il existe dans un cas concret des indices de persécution.

Il a deux semaines, le Gouvernement a décidé, «après avoir soigneusement examiné les critères déterminants en la matière», d'inclure ces trois pays dans la liste des Etats sûrs. Sont considérés comme tels les pays qui respectent les droits de l'homme et les conventions internationales conclues dans le domaine des réfugiés.

L'Office fédéral des migrations examine une fois par an au minimum le statut de chacun de ces pays. Si la situation venait à se dégrader durablement sur le territoire de l'un d'entre eux, son statut d'Etat sûr serait immédiatement révoqué.

Le nombre de demandes d'asiles déposées en Suisse a augmenté de moitié l'an dernier pour atteindre, avec plus 16'000 requêtes, son plus haut niveau depuis 2003. La Serbie et le Kosovo se partagent le quatrième rang des pays de provenance. Les demandes d'asile de ressortissants de ces pays ont progressé d'un quart

Migrants en Suisse, la construction d'un nouvel apartheid

Témoignages, film et discussion avec les membres du collectif "Bleiberecht für alle"


Dénonciation de la situation critique à Lampedusa

Source / auteur : Anafé info
http://www.hns-info.net/spip.php?article17777

Suite à sa visite sur l’île de Lampedusa, J. Barrot doit dénoncer les violations des droits des migrants et demandeurs d’asile

lundi 16 mars 2009, par Ludo

 Le Réseau Euro-Méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) interpelle le Vice-Président de la Commission européenne, Jacques Barrot, responsable pour les questions liées à la justice, la liberté et la sécurité, à l’occasion de sa visite sur l’île de Lampedusa, ce vendredi 13 mars 2009. Le REMDH a envoyé une délégation de représentants d’organisations de la société civile sur l’île les 25 et 26 février 2009. Les conclusions de cette mission mettent en lumière les nombreuses irrégularités dont ont été victimes les migrants et demandeurs d’asile arrivés sur l’île depuis le début de l’année 2009.

En effet, depuis la décision du ministre Maroni de ne plus en transférer les migrants et demandeurs d’asile vers le continent, leurs conditions de détention se sont considérablement dégradées. Le Centre de secours et de premier accueil (CSPA), transformé en centre d’identification et d’expulsion (CIE) n’était pas en mesure d’accueillir dans des conditions dignes les personnes ainsi détenues. La mission envoyée par le REMDH met en lumière les conditions sanitaires inacceptables dans lesquelles sont détenus les migrants et demandeurs d’asile (régime alimentaire inadapté, fournitures sanitaires insuffisantes, prestations sanitaires en-deçà des besoins, une prise en charge médicale déficiente).

La mission démontre également les manquements au droit de recourir à une procédure d’asile équitable dont ont soufferts les demandeurs d’asile, et ce en violation du droit italien ainsi que des normes européennes en la matière. « L’accès à la procédure d’asile a été rendu plus difficile et le droit à un recourt contre une décision de rejet de demande d’asile a été sérieusement entravé » déclare Kamel Jendoubi, Président du REMDH.

La délégation envoyée par le REMDH a également pu mettre au jour un certain nombre d’irrégularités et de manquements au droit italien supposé garantir les droits des personnes détenues. « C’est ainsi, par exemple, que nombre des migrants détenus avant le 26 janvier (date à laquelle le décret transformant le CSPA en CIE a été adopté) n’ont pas été présentés à un juge dans le délai de 48 heures prévu par la loi italienne en cas de privation de liberté » a précisé Kamel Jendoubi. « Les procédures liées à la détention et au refoulement ont également été ignorées des autorités italiennes » a-t-il précisé.

Enfin, la mission souligne les difficultés particulières des migrants et demandeurs d’asile tunisiens, dont un retour possible en Tunisie les expose à des peines de prison, du fait de la législation tunisienne en matière de migration.

Le REMDH demande au Commissaire Barrot de soulever l’ensemble de ces questions avec les autorités italiennes et de prendre les mesures nécessaires afin que ces violations, notamment du droit européen, ne se reproduisent plus. Dans l’immédiat, le REMDH exhorte le Commissaire à fermement demander aux autorités italiennes de revenir sur leur décision de transformer le CSPA de Lampedusa en centre d’indentification et d’expulsion.

Project coordinator Migration and Asylum

Euromediterranean Human Rights Network (EMHRN)

Mob (Morocco) : +212 670 14 50 29
Mob (Belgium) : +32 486 96 86 13
Office (Morocco) : +212 537 26 39 19
Skype id : chadisidhom.remdh

Website : www.euromedrights.net
Blog : www.euromed-migrasyl.blogspot.com

A propos du "Welcome" : un film juste, des initiatives politiques

Publié sur Rue89 (http://www.rue89.com)

mercredi, mars 18, 2009

Périmètres d'interdiction: le front du référendum s'élargit

dans le Courrier
PHILIPPE BACH
LIBERTÉS PUBLIQUES - Le référendum lancé in extremis par le Parti du travail trouve le soutien de l'entier de la gauche et du syndicat Unia.
Le front de soutien au référendum lancé par le Parti du travail (PdT) contre la loi permettant l'instauration de périmètres d'interdiction se constitue. Plusieurs formations politiques et le syndicat Unia ont décidé d'appuyer cette démarche. Le 19 février dernier, le parlement genevois a en effet introduit dans le droit cantonal un dispositif d'exception qui permet à la police de signifier des périmètres d'interdiction pour une durée pouvant aller jusqu'à trois mois. Cette arme législative doit permettre de lutter contre le problème des trafiquants de drogue. Mais elle est aussi lourde de potentielles dérives liberticides. Elle peut servir à interdire des manifestations et a un petit ton anti-jeunes.
D'où l'annonce, mercredi passé, par le Parti du travail de son intention de lancer un référendum. Il a jusqu'au 13 avril prochain pour engranger les 7000 paraphes nécessaires. Hier, seules 150 signatures avaient été récoltées par le PdT. C'est dire si le temps lui est compté. D'où l'intérêt de construire un front large.


Gauche unie

Lundi soir, le Parti socialiste (PSG), les Verts et Solidarités ont décidé d'appuyer la démarche. Mais sans pouvoir s'engager quant à un éventuel quota en termes de signatures. Les roses vont encarter le référendum dans leur bulletin interne. Et la joindre aux initiatives cantonales ou fédérales portées par le parti. «Nous avons un menu relativement chargé, admet René Longet, président du PSG, d'où le fait que nous ne nous étions pas engagés dans une nouvelle démarche référendaire.» D'autant plus que des doutes subsistent à gauche quant à la possibilité de gagner un tel référendum.


Inquiétudes syndicales

Même son de cloche chez les Verts. Ces derniers avaient mené la bataille lors du débat parlementaire. Mais eux aussi craignent d'offrir une tribune aux milieux populistes. «Reste que, comme nous sommes opposés sur le fond à cette loi que nous jugeons liberticide, il nous a paru évident de soutenir le référendum», dixit Anne Mahrer, présidente du parti écologiste genevois. Solidarités annonce de son côté par la voix de Pierre Vanek son intention de mettre son poids dans la bataille.
Enfin, du côté des syndicats, Unia a décidé de soutenir la démarche. «Nous expérimentons ces jours-ci ce que peut donner une lecture restrictive du droit», ironise Alessandro Pelizzari, secrétaire régional du syndicat. Unia qui défend une déléguée du personnel licenciée par le groupe Manor s'est vu interdire par le magistrat communal Pierre Maudet de tenir des piquets de manifestation devant le magasin de ce groupe.
Quant à la Communauté genevoise d'action syndicale, qui regroupe les syndicats du privé et du public, elle arrêtera une position, mais seulement le 26 mars

Au moins 300 clandestins débarquent en moins de 24 heures en Italie

Rome - Environ 300 clandestins sont arrivés depuis samedi soir dans l'archipel italien des Pélages, où se situe la petite île de Lampedusa, ont indiqué les autorités. La nationalité des migrants n'a pas été précisée.

Une embarcation avec à son bord 68 migrants, dont 13 femmes, a été interceptée au large de Lampedusa. Samedi, une barque transportant 69 personnes, dont 16 femmes et un enfant, est arrivée sur l'île, a indiqué un responsable de la capitainerie.

Deux clandestins ont été hospitalisés en raison de problèmes respiratoires, selon l'agence Ansa.

Par ailleurs, deux autres embarcations avec à leur bord 82 et 77 migrants ont débarqué sur la petite île de Linosa, à 42 km au nord-est de Lampedusa, a indiqué la capitainerie.

L'Italie a vu débarquer sur ses côtes 36'900 immigrés en 2008, un chiffre en hausse de 75% par rapport à 2007, selon le ministère italien de l'intérieur.

Un "souper quizz" pour débusquer les préjugés

Un «souper quiz» propose aux jeunes de 16 à 20 ans d’aborder de manière ludique les questions de racisme.

Quand on est confronté à un problème de racisme ou de violence, il n’est pas toujours facile d’en parler. Les mots surgiront peut-être plus facilement lors d’une soirée ludique, qui propose d’aborder le thème sous forme de quiz, autour d’un repas à 5 francs. Une expérience concluante a été tentée l’an dernier à Renens, sur le thème de l’alcool. A noter que des professionnels du domaine répondront aux questions, et qu’il y aura des cadeaux à gagner.

Demain, 19 h, à la Brasserie des Sauges, av. du Grey 58.

Inscriptions:

021 646 22 01 / manuela.calado@fasl.ch

Les jeunes face au racisme

Gabriela Amarelle, déléguée à l'intégration de la ville de Lausanne, est l'invitée de la rubrique Réflexion de 24 Heures

Sensibiliser les enfants et les jeunes constitue le leitmotiv de la Semaine d’actions contre le racisme 2009, qui commence aujourd’hui dans la capitale vaudoise. Si «Lausannes avec couleurs» se décline au pluriel, c’est évidemment pour mettre en relief la pluralité de ses habitants et leur diversité.

La multiculturalité, les jeunes la vivent tout naturellement, entend-on souvent, inutile de parler au négatif. Alors, pourquoi cette démarche?

Si l’on examine les chiffres, la répartition de la population juvénile montre bien que la Suisse est devenue un pays d’immigration: un tiers des jeunes ont fait l’expérience de l’immigration, et un quart des moins de 25 ans n’ont pas de passeport suisse.

Le fait que, dans pratiquement un couple sur deux, l’un des partenaires est étranger renforce la croyance qu’il est naturel que la cohabitation se passe sans conflit. Les enfants et les jeunes vivent, bien sûr, cette réalité sociale comme une évidence. Mais elle comporte néanmoins un fort potentiel de conflit, que ce soit dans leurs activités scolaires ou extrascolaires.

Les chiffres sont aussi têtus. Des études démontrent que, dans notre pays, près de 40% des jeunes issus de l’immigration disent avoir été dans le passé victimes d’attitudes hostiles ou d’injustices.

Qu’ils en soient auteurs, victimes ou témoins, les jeunes n’échappent guère aujourd’hui aux problèmes du racisme. Et ces rôles ne sont évidemment pas figés: un jeune, qu’il soit Albanais ou Africain, peut s’être vu refuser l’entrée à une discothèque un soir, et proférer des propos racistes à l’égard de ses camarades de classe suisses le lendemain. Tous les cas de figure sont évidemment possibles, car le manichéisme n’est pas de mise dans cette problématique complexe.

Si le thème du racisme est difficile à aborder avec un jeune public, il est essentiel d’oser franchir les premiers obstacles pour aider les participants à s’interroger sur leurs propres préjugés, sans angélisme et en osant déconstruire les clichés bien-pensants.

Par le biais des jeunes, il est aussi possible de toucher les professionnels de l’enfance et de la jeunesse, qu’ils soient animateurs socioculturels ou enseignants, ainsi que les parents et le grand public.

Reconnaître que la peur de l’autre est un sentiment tout simplement humain, aborder sans tabous toutes les questions pour que cette peur ne devienne pas du racisme et se donner les outils pour agir: tels sont les objectifs de la vingtaine d’événements inscrits au programme de la Semaine d’actions contre le racisme.

Les enfants et les jeunes ont été amenés à construire certains de ces événements de manière participative. Si on les écoute, ils racontent très justement les conséquences de la discrimination au quotidien: blessures intimes, dévalorisation de soi et violence.

Par les faits concrets, les enfants et les jeunes expriment pourquoi le racisme est contraire à la dignité humaine.

mardi, mars 17, 2009

Un centre d'accueil ouvrira en juillet à Fontainemelon

Les requérants d'asile attribués par la Confédération au canton de Neuchâtel seront logés à Fontainemelon, dans le le Val-de-Ruz, à partir du 1er juillet.

Le Conseil d'Etat a conclu un contrat de location de la Ferme Matile avec le législatif du lieu.
D'une capacité de 80 places, le nouveau lieu d'hébergement doit remplacer avantageusement l'abri de la Protection civile (PC) des Hauts-Geneveys. D'une capacité de 50 places, cet espace avait été mis à disposition d'urgence et à titre provisoire en novembre pour faire face à la brusque augmentation des demandes d'asile.

Selon un communiqué diffusé mardi par la Chancellerie d'Etat, le placement des requérants a fait l'objet de tractations entre le gouvernement et le législatif de Fontainemelon. L'exécutif communal et le conseiller d'Etat Bernard Soguel tiendront une séance publique d'information le 2 avril dans la commune.

lundi, mars 16, 2009

Bien intégré et pourtant menacé d'expulsion

Son patron le trouve indispensable, l’administration vaudoise le juge bien intégré, les clients apprécient sa cuisine. Mais Mauricio Catota doit quitter la Suisse.

Mauricio Catota, sous-chef, a réussi à grimper bien des échelons dans les cuisines du Lausanne Palace (photo Vanessa Cardoso) Tout souriait à Mauricio Catota. Il y a sept ans, il a épousé Adriana, sa compatriote, à l’ambassade d’Equateur à Berne. Un petit Maurice est né de leur union en juillet dernier au CHUV, à Lausanne. Son employeur – le Lausanne Palace – le juge indispensable à la bonne marche de la brigade de cuisine. L’établissement lausannois a déposé une demande de permis de séjour avec activité lucrative il y a cinq ans.

Vol de retour

Jugeant l’intégration du cuisinier fort correcte, l’administration vaudoise s’est déclarée favorable.

L’administration fédérale vient par contre d’exiger le départ de Mauricio Catota. Le cuisinier équatorien doit se rendre mardi prochain au Service de la population (SPOP) pour fixer la date de son vol de retour en Equateur – un pays qu’il a quitté il y a dix ans à l’âge de 17 ans.

A l’instar du cuisinier équatorien, dans le canton de Vaud, une légion d’étrangers bien intégrés voient leur demande de permis de séjour échouer. «En Suisse, on refuse d’accueillir les étrangers qu’on devrait objectivement accepter.» Ce constat est de Me Pierre-Olivier Wellauer, l’avocat que le Lausanne Palace a pris pour défendre son employé.

Le parcours du jeune Equatorien illustre ces propos. Commis de cuisine, chef de partie puis sous-chef de cuisine, Mauricio Catota a même suivi des cours de perfectionnement professionnel qu’il a terminé avec félicitations du jury.

A. W.

La Suisse peut examiner la demande de Fahad K.»


ASILE | Le sort de l’Irakien, qui apparaît dans La Forteresse, est toujours suspendu au verdict du Tribunal administratif fédéral. Peut-il légalement lui accorder l’asile? Décodage d’un expert.




MARTINE CLERC dans 24heures

© DR | Francesco Maiani, expert en droit européen de l’asile.

Le renvoi en Suède de Fahad K., requérant irakien, a été suspendu de justesse par le Tribunal administratif fédéral (TAF) le 2 mars. Si la Suisse voulait l’expulser sans examiner sa demande d’asile, c’est en vertu de l’Accord de Dublin – qui empêche des demandes d’asile successives dans plusieurs pays d’Europe. Un entretien du réalisateur Fernand Melgar, réalisateur de La Forteresse, vendredi dernier avec Eveline Widmer-Schlumpf, n’a pas permis de débloquer la situation. La Suisse peut-elle légalement accorder l’asile à Fahad K.? Le point avec Francesco Maiani, professeur, expert en droit européen de l’asile à l’IDHEAP (Institut des hautes études en administration publique).

– La Confédération est-elle contrainte» de renvoyer Fahad K. en Suède en vertu de l’Accord de Dublin? Quelle est sa marge de manœuvre?
– L’Accord de Dublin ne comporte pas de telles contraintes. Selon la «clause de souveraineté» contenue dans son règlement, tout Etat est libre d’entrer en matière sur toute demande d’asile lui étant adressée, même si celle-ci a été déjà rejetée par un Etat de l’UE. Cette clause de souveraineté revêt une importance primordiale: elle permet à un Etat membre de l’Espace Dublin de «débrancher» le système et de ne pas commettre ce qui constituerait, selon sa propre interprétation des standards en matière d’asile, une grave violation du droit international. Les pays sont libres de recourir à cette clause. Mais la Suisse, dans sa loi sur l’asile, s’est fixé des règles d’application assez strictes.

– Existe-t-il des cas où le recours à cette clause de souveraineté est obligatoire? 
– Tout à fait. Un Etat ne saurait effectuer un renvoi qui, bien que prévu par l’Accord de Dublin, serait contraire à la Convention de Genève sur le statut des réfugiés.

- Le Tribunal administratif fédéral a donc les bases juridiques pour accepter le recours de Fahad K. qui demande à la Confédération d’entrer en matière sur son dossier?
– Oui. L’entrée en matière serait un simple cas d’exercice de la clause de souveraineté. En droit suisse, le Tribunal administratif fédéral pourrait se fonder sur l’article 32 de la loi sur l’asile. Selon cette disposition, telle qu’interprétée par la jurisprudence, la décision négative d’un Etat de l’UE permet certes de présumer que la personne concernée n’est pas un réfugié, et donc de ne pas entrer en matière. Mais l’entrée en matière est obligatoire en cas d’indices de persécution suffisamment forts pour renverser cette présomption.